J'ai découvert ma bisexualité comme on tombe d'une chaise

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licornoe
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J'ai découvert ma bisexualité comme on tombe d'une chaise

Message par licornoe » il y a 5 ans

Bonjour à toutes et tous, Je m'excuse par avance de la longueur du texte qui va suivre.

Pour la petite explication depuis longtemps maintenant j'écris. Je m'écris, j'écris aux autres, je me réponds, etc...
Bref je voulais partager avec vous ce témoignage que j'ai écrit il y a quelque temps maintenant et que je n'ai pas voulu tronquer ni résumer pour le publier.
En espérant que ça vous intéressera et que ça fera sens en vous.
N'hésitez surtout pas à me poser des questions et à discuter, j'ai encore plein de choses à raconter


Comme on tombe d’une chaise



J’ai découvert ma bisexualité un peu comme on tombe d’une chaise. On joue, on rigole, on se balance, on se balance encore, on évite la chute puis, un moment d’inattention, une mauvaise manœuvre et on se retrouve le cul par terre. Un peu comme si l’on avait cherché la limite, voir jusqu’où l’on peut aller.


C’est ce qui m’est arrivé peu après mes 22 ans. J’étais en couple depuis bientôt 4 ans avec une fille super qui me plaisait et que j’aimais, nous venions de nous installer depuis quelques mois et tout allait bien pour nous. J’avais un ami depuis 6 ans, nous nous sommes connus au Lycée et avons eu depuis, le même parcours scolaire. Nous sommes peu à peu devenus amis. En perpétuelle rivalité, j’avais l’impression de me voir en lui, plus jeune et plus fragile. Lui aussi se voyait en moi et m’a pris comme exemple au début, une sorte de rivalité entre frères est apparue. Nous avons grandis/mûris ensemble. Notre complicité grandissante nous a fait passer d’amis à ce que nous avons appelé "frères". De plus en plus taquins, de plus en plus souvent en conflit. Nos sentiments continuèrent d’évoluer.


Nous nous cherchions beaucoup, chatouilles, paris, etc… nous discutions également de nos sentiments et de nos attentes respectives. Moi j’étais en couple et lui allait de relations en relations sans jamais vraiment trouver ce qu’il cherchait. Il m’a avoué être à la recherche de moi en fille et c’est à ce moment-là que j’ai pris conscience que nous avions vraiment un lien fort. Alors j’ai décidé de me balancer sur la chaise et de voir un peu ce qui se cachait là-dessous. Ah curiosité quand tu nous tiens ! Je ne me rappelle plus exactement comment mais, j’ai bien souvent orienté la conversation sur ce sujet puisqu’à l’époque nous discutions sur msn le soir. Il fallait que je sache quelle était la nature de ses sentiments à mon égard. Je me rappelle aussi que nous nous sommes retrouvés avec le dos bloqué à la même période, pur hasard. Etant le seul "proche" disponible je lui avais demandé de masser pour essayer de me débloquer. Bon j’avais très mal. Lui aussi ^^. Nous nous sommes donc massés mutuellement. Cela m’a excité et n’a fait qu’attiser ma curiosité.


Bon ce n’était pas la première fois qu’un garçon m’excitait, j’ai toujours été ouvert d’esprit. Je me suis d’ailleurs toujours dit que les douches communes cela aurait été impossible pour moi. Suis-je gay ? Non puisque prendre une douche commune avec des filles m’aurait fait le même effet.
Alors est-ce que mes autres potes sont comme moi ? Pas tous j’en suis sûr. Est-ce que j’en parle ? Non, ne prenons pas de risques. Mais la vraie question c’est : " si je suis excité ? Est-ce que lui aussi ? "
Puisqu’après tout je m’accepte comme je suis, et que je ne me suis jamais senti "normal" je préfère laisser de côté mes interrogations sur ma sexualité. D’autant qu’elles ne datent pas d’hier.

Fin d’année scolaire, nos chemins se séparent du moins pour ce qui est des études.
Nouvel appart, nouvelle classe, installation avec la copine qui n’a pas fini ses études et qui est là en pointillé. J’invite mon pote de temps en temps. Et un soir après avoir tous les 2 un peu trop bu :

- Tu dors sur le clic-clac ?
- oh la flemme de préparer le canapé et tout le reste.
- On dort ensemble du coup ?
- Ok


A ce moment je savais que nous avions un peu bu pour faire avancer le sujet et que je l’avais mis dans mon lit. Mais croyez-moi, je suis sincère, quand je dis que je n’aurai jamais pu imaginer ce qui allait se passer par la suite. J’étais curieux mais je ne savais pas de quoi…

Nous avons parlé mais je ne sais plus de quoi. Nous étions très proches face à face, puis soudain il m’a embrassé, surpris d’abord, je ne me suis pas défendu. Je lui ai rendu son baiser et nous nous sommes longuement embrassés. J’étais tellement excité que j’en avais presque mal.

Tandis que nous nous embrassions je glissais ma main jusqu’à son entrejambe et j’ai pu sentir à travers son caleçon que je lui faisais autant d’effet qu’il m’en faisait. Puisqu’il n’osait pas, je pris sa main pour le lui prouver. Puisque nous en étions là, pourquoi nous arrêter en si bon chemin ? La suite s’est passée si naturellement et si facilement, pas de peur, pas de craintes, pas de paroles inutiles. J’allais où il voulait, il allait où je voulais sans qu’aucun ne dépasse les limites de l’autre dont nous n’avions même pas parlé. C’était fabuleux. Une réelle découverte. C’est seulement le lendemain que je suis tombé de ma chaise. Que m’est-il arrivé ? Était-il clean niveau maladies ? Qu’allais-je dire à ma copine ? J’ai aimé ça, je suis gay ? Non, alors que suis-je ? QUI SUIS-JE ?

Nous avons tous les deux vécus une dizaine de jours de flou total. Anesthésiés évoluant tant bien que mal dans une bulle de brouillard, ne comprenant manifestement pas ce qui s’était passé. Toujours pas de copine à l’horizon, environ une semaine plus tard on remettait ça. Scénario similaire à quelques différences près, pas d’alcool et ces questions obsédantes : cela va-t-il se reproduire ce soir ? En a-t-il envie ? En ai-je envie ? Cette deuxième fois chassa définitivement le brouillard, on aimait ça, nous n’étions définitivement plus des frangins si tant est que nous l’ayons un jour été.

N’oubliez pas que j’étais toujours en conflit avec lui et lorsque, quelques semaines plus tard, il m’a dit : "c’est tout, c’était bien, un essai pour voir, il n’y aura plus rien, je suis hétéro" j’ai été vexé et blessé. Je me suis fâché et j’avais des tas d’autres raisons valables pour le faire.


Cela a duré presque 2 ans. Ayant des amis en communs nous nous sommes vus parfois mais je suis resté buté et bloqué. Tous nos amis me disait allez, arrête, il est gentil. Même mes parents s’y sont mis, les siens aussi lui ont fait la même chose. Je ne l’entendais pas de cette oreille. J’avais décidé de l’éliminer complètement de ma vie. Il m’avait fait trop de mal, le fréquenter risquait de mettre en péril mon couple. Et même si copine, familles et amis n’y comprenaient rien, je voulais l’oublier, qu’il redevienne cet inconnu. Lui, même s’il souffrait en secret de cette situation, n’a jamais trouvé le courage de venir me parler. De toute façon je n’aurai pas été réceptif. Alors quand on se voyait c’était la guerre froide. Bonjour, bonjour. Il essayait de m’aborder en lançant des sujets sans grands intérêts. Je ne lui répondais pas toujours et lorsque je le faisais j’étais le plus souvent froid et sec. Je voyais qu’il souffrait de cette situation mais après tout c’est lui qui m’avait blessé. Pendant 2 années entières j’ai essayé de l’oublier, par chance, je n’y suis jamais arrivé.


Puis, avant un premier de l’an puisque nous devions passer la soirée ensemble et que je voulais profiter de celle-ci, j’ai pris mon courage à deux mains, je suis allé lui parler. Ah oui entre temps j’avais tout déballé à ma copine, je ne pouvais pas porter un si lourd secret. Bon j’y suis allé progressivement, je lui ai d’abord parlé de mon changement d’orientation sexuelle, ou plutôt de la découverte de celle-ci, de ce que je découvrais au fur et à mesure de mes investigations (lecture, films, etc…) Ca m’a pris plus de 6 mois pour le lui avouer, 6 bons autres pour qu’elle l’accepte. Et tout le reste de ma vie avec elle pour la rassurer. J’ai de la chance de l’avoir, ce n’est pas facile tous les jours pour elle, mais elle l’accepte et m’aime comme je suis.


Cette histoire a commencé il y a 6 ans maintenant, Elle est toujours à mes côtés, il est toujours à mes côtés, il a une copine, on a chacun notre vie. Et même si nous avons tout fait à l’envers, nous faisons tout aujourd’hui pour faire les choses à l’endroit. Nous avons appris à protéger notre histoire. Cette belle histoire qui était une page blanche et sur laquelle nous écrivons à 2 parfois à 4 (et oui les copines y participent et malheureusement parfois posent des interdits). Nous n’avons plus eu de rapports depuis nos premières fois, sa copine nous l’interdit formellement. Alors j’essaye de vivre cette histoire d’amour comme je peux, on se réserve un peu de temps, une journée par-ci par-là. Nous sommes d’accord pour dire que nous avons chacun de notre côté une histoire principale et une histoire "secondaire". Par secondaire, il faut comprendre moins prioritaire. Nous accordons moins de temps et dépensons moins d’énergie pour cette histoire mais nous ne la laisserions tomber pour rien au monde.


Voilà, j’ai 28 ans, je suis Bi, amoureux d’une femme, en couple avec elle, amoureux d’un homme lui aussi en couple avec une femme et je suis également père d’un petit garçon. Je mène mes histoires comme je peux et j’écris au fur et à mesure les pages de ma vie. J’ai bien conscience que je ne suis pas sorti de l’auberge, et ce rôle d’équilibriste n’est vraiment pas facile à vivre. Je risque à tout moment de tomber le cul par terre et d’emporter les autres et mes belles histoires dans ma chute.
Pourtant j’essaye de rester sur le fil, si c’est de l’amour, ça en vaut forcément le coup.


Antoine
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Re: J'ai découvert ma bisexualité comme on tombe d'une chaise

Message par Ykky II » il y a 5 ans

Je te remercie pour ton très beaux témoignage.

Et félicite de ma part madame licorne pour son ouverture d'esprit.
"Toi aussi tu m’ as impressionné et plutôt pour d’ autres raisons bien plus profondes : ta sensibilité d’écorché -vif, ta sensualité romanesque et cette légèreté émouvante qui font de toi un être si différent des autres."

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Re: J'ai découvert ma bisexualité comme on tombe d'une chaise

Message par Biscuit » il y a 5 ans

Très beau témoignage en effet. Tu vis quelque chose de très fort, et bien sûr oui ça en vaut le coup.
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Re: J'ai découvert ma bisexualité comme on tombe d'une chaise

Message par licornoe » il y a 5 ans

Merci pour votre retour, ça me fait plaisir.
Ce texte est une sorte de résumé, dans la pratique, c’est un peu plus compliqué. Il faut que je rassure en permanence ma copine sur les sentiments que je lui porte et sur mon envie de vivre avec elle.
Lorsque je le vois, elle a souvent moins le moral et ne passe pas toujours une bonne journée.
Complément d’information important, c’est aussi d’abord et avant tout un ami. Ma copine le connait donc très bien et nous nous voyons toujours en tant qu’amis. On se voit en soirée, anniversaires, diner, sorties vtt, etc… Ça se complique hein ? :? ^^
Dans ces cas-là bien sûr on se comporte comme 2 potes. Et même si plusieurs de nos amis sont au courant de notre histoire, ils font comme si de rien était, une petite blague par-ci, par-là participe à la bonne atmosphère. Mais cela reste tout de même difficile de switcher entre Potes / Amoureux / Papa et mari modèle.
Cette situation nous parait à tous vraiment originale.

Quelqu’un d’autre ici vit quelque chose de similaire ?
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Re: J'ai découvert ma bisexualité comme on tombe d'une chaise

Message par Pyara » il y a 5 ans

Ton témoignage est vraiment très touchant...vôtre histoire à tous les deux est très forte et vous permet de dépasser l'amour charnel qui vous est interdit....
Je vis actuellement une histoire avec un autre homme en parallèle de celle que j'ai avec mon compagnon depuis 10ans et effectivement,il me faut le rassurer quotidiennement sur mes sentiments envers lui, je dois faire le dos rond lorsque je reviens d'un rdv ...mais eux ne se fréquentent pas et j'imagine comme il doit être compliqué pour ta compagne d'être confrontée à l'homme que tu aime ....
Merci de partager ton histoire ici :smackjoue: je suis impatiente de te lire encore.
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Re: J'ai découvert ma bisexualité comme on tombe d'une chaise

Message par John » il y a 5 ans

Merci Antoine
C'est émouvant, intéressant, assez grandiose de lire vos avis à tous ici. De plus, Antoine tu as une belle plume.

Tu as de la chance de vivre cette relation avec ton ami..que ça vous soit tombé dessus comme ça. Je n'ai pas connu ça puisque j'ai rencontré mon pote sur Internet, donc on savait très bien à quoi s'attendre haha Je n'ai pas eu de sentiment particulier pour un ami proche comme ça. . C'est plutôt des hommes croisés au hasard qui me.font de l'effet. Étant donné qu'il y a un type en particulier qui me plaît beaucoup : plutôt viril, méditerranéen. Pas vraiment le cliché gay du minet ;)

Au niveau organisation, je ne suis pas sûr d'avoir bien compris: sa copine lui a interdit de vous revoir ? Juste en privé alors, car visiblement vous vous croisez "officiellement" à des soirées avec des amis communs ?

Jongler entre différentes casquettes, je comprends tout à fait. J'adore être papa, et le mari de ma femme. Et en même temps vivre des moments intenses avec un homme. Après un hiatus de 6 mois, on arrive maintenant à se voir sur des pauses midi.
Tu parles de ton ami comme "ton mec"; cela m'a interpellé sur la nature très forte de votre relation.

Je te souhaite du courage pour continuer à vivre tes désirs :)
Bises à toi et ta petite famille

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Re: J'ai découvert ma bisexualité comme on tombe d'une chaise

Message par licornoe » il y a 5 ans

Je suis trop content de vous lire. Partager et échanger des idées avec des gens qui vivent des choses similaires et différentes à la fois, m’aide à me sentir moins seul. Il en va de même pour ma chérie qui voit qu’elle n’est pas toute seule. Lorsque je me suis découvert, je me suis rendu compte que je ne connaissais personne dans la même situation que nous et surtout personne d’heureux. On manque cruellement de modèles. Je n’ai pas l’instinct grégaire, n’empêche que si à 16 ans j’avais connu des personnes bi et des couples bi heureux, cela m’aurait grandement simplifié la vie. Je me serais dit "en voilà des gens biens ! ", c’est comme eux que je veux aborder ma vie sentimentale.

@Pyara, Merci pour ces gentils mots et merci d’avoir capté les sentiments et l’émotion que j’ai essayé de faire passer au travers de ce texte.
Si je comprends bien ce que tu vis s’apparente au polyamour (puisqu’il existe toujours un tas d’étiquettes à coller sur tout pleins de trucs) j’ai assez vite compris que dans mon cas il s’agissait d’amour aussi et donc que les sentiments se multipliait. Pourtant je ne suis pas fan de ce mot. Après tout l’amour nous tombe dessus. On aime juste des personnes formidables qui nous aident à nous sentir complets et épanouis. On peut tomber amoureux de quelqu’un avec qui on ne pourrait/voudrait pas vivre. Je pense que tu as de la chance que ton homme accepte ça, il fait preuve de beaucoup d’ouverture d’esprit et doit t’aimer vraiment très fort. Et même si tu vas d’un homme à un autre homme, j’imagine que ce que tu vis avec l’un ou l’autre est aussi différent que si tu allais d’un homme à une femme. Je te remercie donc d’avoir fait le parallèle entre nos histoire.

@ John, Merci de ces compliments sur euh …. ma plume ^^ il se fait tard ,je crois que j’ai l’esprit mal placé à cette heure. Enfin c’était surtout pour la blague.

J’ai en effet vu que tu l’avais rencontré sur internet. Wahou ! quel courage. Je crois que je n’aurai jamais eu le courage ni même osé avoir l’idée de le faire et je serai passé à côté d’une partie de moi-même, je me voilais la face. D’ailleurs même dans mon lit lorsqu’il était en face de moi et malgré le fait que j’avais une trique de malade, s’il ne m’avait pas embrassé je crois que je serai toujours dans l’ignorance. (Désolé je suis un peu cru, mais je trouve ça plus rapide que de trouver de jolies métaphores).
Héhé moi aussi j’ai un style qui n’est pas Cliché. J’ai des "amis" gay et bof bof lol . Ce qui me plait chez une fille c’est que ce soit une fille une vraie. Idem chez un mec, il me faut un mec, un vrai.

Au niveau organisation lol, sa copine nous interdit d’avoir des relations sexuelles. Elle a été très clair et m’a dit très cash " sucer c’est tromper ". Ça m’arrange que ce soit elle qui pose l’interdit plutôt que ma copine s’il y a trop de frustration je préfère qu’aucun de nous deux n’en veuille à ma copine. Et puisqu’elle a posé l’interdit seulement à partir d’une certaine limite, j’imagine qu’il y a des choses sympas qui nous restent permises.
Donc on se voit entre tous les mois et demi ou deux mois environ pour une journée en amoureux, on se balade, on va au resto ça dépend de l’humeur, de la météo et des idées. Et on se voit régulièrement avec nos copines et nos autres potes. Ce sont des supers journées qui pourraient être encore mieux, si tu vois ce que je veux dire, et qui ont un gout de trop peu. Mais comme c’est assez dur de switcher entre 2 histoires, le fait que l’on ne se voit pas tout le temps nous aide un peu. En plus, mais qu’est-ce qu’il m’énerve ^^ Presque autant que je l’énerve. Non mais sérieusement on est bien différents et c’est ce qui nous attire aussi. On peut être sur la même longueur d’onde et parfois à des années lumières et se prendre le bec pour des conneries.

Je suis content pour vous que vous puissiez vous voir plus souvent, c’est pas trop short une pause de midi ? Tu n’as pas envie de plus ?
Euh, oui je l’appelle mon mec, il a eu un peu de mal avec ça au début lol, mais il s’y est fait c’est un peu ma copine qui m’a fait prendre conscience que j’ai une copine et aussi un copain. Je vois que toi par contre tu l’appelles ton pote. Cela m’interpelle aussi, ça m’intéresse on va dire. Tu n’as pas de sentiments plus forts pour lui ? Je pense que tu ne partages pas les mêmes sentiments ni les mêmes choses avec tes autres potes ? Quand j’ai lu ton post et que tu te questionnais sur son silence, j’ai trouvé un décalage entre ce que tu disais et ce mot pote. Après tout j’me goure peut-être si mon meilleur pote me donnait plus de nouvelles ne serait-ce que pendant 2 semaines je serai inquiet, alors que si mon mec ne me donne pas de nouvelles pendant 3 semaines ça m’inquiète moins c’est dans ses habitudes. Très mauvaise habitude :-(

Bon alors j’ai plusieurs défauts, je n’arrive pas à écrire sans faire un roman, j’ai tendance à être indiscret ET je pose des questions à la con du style de celle un peu plus haut. Donc désolé pour ça.

Une dernière question avant la fin du roman, Ta copine est-elle la seule à connaitre ton orientation sexuelle ? ou alors l’as-tu dit à d’autres personnes ?
Cette question s’adresse aussi à toi @Pyara, as-tu partagé ton histoire avec des proches ?
Pour ma part je l’ai découvert en Octobre 2010, avoué à ma copine en Mais 2011, dit à mon meilleur pote fin 2014, et un autre pote début 2015, c’était très libérateur. Le problème c’est qu’à chaque fois j’ai outé mon mec avec moi (pas cool :-( de ma part) mais dur de faire autrement puisque tout le monde se connait, ça s’est plus passé par devinette. Du genre :
-Je sui bi
-Ah oui ?
-J’ai un mec ?
-Ah bon qui ? Je le connais
-Oui
-C’est qui ?
-Devine ?
-Je le connais bien ?
-Oui
-Bein obligé c’est lui #prénom#
Ils ne se sont jamais plantés 3 coming out, 3 fois dans le mille. Pourtant de leur avis nous somme insoupçonnables jusqu’à ce que leur souffle l’idée.
Lui aussi l’a confié à deux de ses potes. Mais à part ça, je ne suis pas out partout pas en famille, pas tous mes potes. Je ne suis pas sûr d’en ressentir le besoin. Par contre je ressentais le besoin de le dire à mes 2 meilleurs potes et ça m’a fait un bien fou. La sensation d’être accepté comme je suis.

Bon allez, cette fois-ci je clos le chapitre ce soir, merci à ceux qui ont eu le courage et la patience de me lire jusqu’au bout, merci pour vos mots gentils et pour vos histoires passionnantes, pour votre ouverture d’esprit et pour votre sens du partage.
Bonne nuit à vous. Antoine
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Re: J'ai découvert ma bisexualité comme on tombe d'une chaise

Message par John » il y a 5 ans

Hello à tous !
(haha je t'avoue que moi aussi j'y ai pensé en écrivant "ta plume", LOL ça me rassure)

Oui, ce serait tellement génial d'avoir plus d'exemples de personnes bi. Il y a un sujet sur le forum qui recense les séries, films, etc.. intéressants de ce point de vue-là. Je reste optimiste, et j'ai l'impression que les choses évoluent dans le bon sens. De plus en plus de fictions mettent en scène des personnages ouverts, hors du "modèle" du couple que la société impose.

- Tu me dis "quel courage": merci, mais c'est drôle car moi je voyais ça au contraire comme une solution de facilité. Rencontrer quelqu'un sur Internet, c'est presque du tout cuit ;) Quand j'ai posé l'annonce, j'ai eu une vingtaine de réponses en 2 jours. Je ne plaisante pas. Et je n'avais même pas mis de photos. Ça aide d'être sur Paris, c'est sûr, mais quand même. On est loin, très loin, d'être les seuls dans notre cas.
J'ai aussi eu énormément de chance de tomber direct sur mon pote, avec qui je me suis bien entendu tout de suite.
Parfois, il faut le bon moment, le bon contexte, ... et je trouve que c'est vous qui avez du courage, d'avoir testé "directement" avec quelqu'un. Moi j'avais quand même eu le temps de cogiter derrière mon écran ^^ même si j'avais déjà essayé 1 fois quelques années avant (en répondant à une annonce ^^)

Le parrain de mon fils est gay ; j'ai traîné quelques fois avec lui dans des endroits estampillés gay, mais ça ne m'a pas trop plu.

@licornoe: C'est pratique que les choses soient claires entre vous tous, et les règles établies. Car la peur naît souvent du doute, de l'insinuation. Là au moins, vos copines savent à quoi s'en tenir. Ton copain et toi avez une relation d'amour qui n'appartient qu'à vous. C'est super chouette.

Par rapport à mon histoire: Merci pour tes remarques. C'est vrai qu'une pause midi c'est rapide ; mais on a quand même 3/4h pour nous. Oui, parfois j'ai envie de plus ; ça me lance... C'est vraiment par périodes.
Pour préciser les choses, j'ai 30 ans et mon pote 40. Il a 2 filles d'environ 10 ans et termine son divorce. Avant de connaître sa femme, il a eu un copain sur Paris. En général il est assez pris par ses enfants, son boulot, et là il déménage à la fin de l'année. Il est espagnol (Andalousie) et n'a jamais parlé de son ex-petit copain à sa famille. Je crois que ses parents ont eu vent de sa bisexualité, mais ne l'ont pas très bien pris. Là je sens qu'il a envie de profiter, et je suis tellement content de pouvoir lui offrir des moments de liberté.
Moi je ne suis pas dans la même optique ; j'ai découvert une part de moi, qui revient toujours si je veux l'oublier, comme le ressac des vagues... Et cette année j'ai effectivement ressenti quelque chose de nouveau. 2 ans qu'on se connaît, je suis habitué à être sans nouvelles, c'est souvent moi qui le relance. Et on ne parle pas de nos sentiments précis. On se voit, c'est tout, on discute aussi films & séries. Mais là, pendant 6 mois, je savais que c'était une période compliquée, je l'ai laissé gérer sa situation. Je ne voulais pas lui écrire trop de messages, j'ai joué le dur et ça a été long... c'est là que j'ai trouvé le forum et que j'ai eu envie d'en parler.
Bref, tout ça pour dire qu'il reste un ami pour moi, un ami spécial ^^ un amant, oui pourquoi pas ^^ J'aurais du mal à trouver quelqu'un d'aussi sympa et doué au pieu :p

Tu dis que tu as "avoué" ton histoire à ta copine; c'est cool mais j'ai du mal avec le terme "Avouer", qui a pour moi une connotation négative ;)
Oui, ma femme est la seule à connaître mon orientation sexuelle. Des fois, je me dis que j'aimerais bien le dire à ma sœur et mon meilleur pote ^^ Peut-être aussi que ça aiderait certains de mes amis fille&garçon ? Parfois on entend de ces conneries sur les homos/hétéro, ça casserait certains clichés ^^ La liberté d'aimer, c'est vraiment la liberté ultime.

Merci encore une fois pour ton partage
Bises à tous

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Re: J'ai découvert ma bisexualité comme on tombe d'une chaise

Message par licornoe » il y a 5 ans

Bonsoir,

Je suis d’accord avec toi les gens ont l’esprit qui s’ouvre et la société progresse même si parfois il y a un peu de rétropédalage.
Ok je comprends mieux ton histoire en lisant ces précisions. De mon côté mon copain a eu un peu de mal à utiliser d’autres mots que "un ami" "plus qu’un ami" "une personne spéciale" et d’autres dont je ne me rappelle plus très bien.
J’ai bien l’image du ressac des vagues. Je ressens la même chose, lui aussi d’ailleurs. J’ai l’impression que ce sentiment est très présent chez les personnes bi. Il faut des deux pour se sentir complet et heureux. Plus profond tu enfouis ce besoin, plus fort il claque dans ta tête lorsqu’il refait surface.

Alors oui j’ai mis avoué, bonne remarque, je n’avais pas remarqué le sens caché. C’est vrai que ça a une connotation négative. Comme la relation que nous avons avec ma copine est basée sur la confiance et sur la franchise en toutes circonstances, que tout cela s’est passé pendant son absence et sans qu’elle ne le sache, je me suis senti honteux de l’avoir "trompée" je ne suis pas forcément d’accord avec le terme tromper mais je savais qu’elle allait le prendre comme ça. En tout cas ce n’était pas dans le contrat du départ. Il a fallu faire un avenant. D’où le terme d’avouer. Avouer ma faute. En fait j’ai beaucoup culpabilisé à cette époque. Après j’ai analysé la situation et je me suis rendu compte que ce qui s’est passée en 2010 n’était que la suite logique des 6 années depuis lesquelles mon copain et moi nous nous connaissions. Nos sentiments ont évolué en Septembre 2006 on est tous les 2 sûrs de ça. Et je suis sorti avec ma copine en Décembre de la même année. Donc en fait depuis tout ce temps j’ai toujours eu 2 casseroles sur le feu. En tout cas c’est l’explication que j’ai trouvée. Et puis j’ai aussi découvert que j’étais bi et que ce qui s’était passé venait de pulsions tellement fortes que rien n’aurait pu m’empêcher de céder à cette pulsion.

Pour ce qui est de se dévoiler à ses proches, pour ma part c’était aussi un besoin viscéral qui m’a permis de me sentir mieux accepté. Je suis bi c’est une part de moi. Si vous m’aimez, prenez-moi comme je suis. Bon faut dire qu’avec mes potes on parle de tout. Ils me coûtent bien moins cher qu’un psy ^^.
C’est vrai qu’il y a un tas de clichés Homo/Hétéro il y a même des clichés BI. Je pense qu’il y a encore plus d’ignorance sur la bisexualité que sur l’homosexualité. Pourtant j’aime bien me servir de ces clichés pour tourner en ridicule ceux qui me les lancent à la figure, Ça me fait rire de les voir tout gênés.
J’ai une sorte de fantasme. Il m’est déjà arrivé de me retrouver en face de personnes homophobes qui critiquait un couple homo dans la rue, si j’avais eu ma copine et mon copain sous la main, j’aurais embrassé l’une puis après l’autre rien que pour les emmerder. Une sorte de double effet kiss cool. Du genre ah enfin un couple normal et puis Oh, lui aussi il en est. Mais je ne suis pas sur que ça les aidera à s'ouvrir l'esprit.

Merci beaucoup pour cette discussion.
Bonne soirée à vous tous.
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Re: J'ai découvert ma bisexualité comme on tombe d'une chaise

Message par Pyara » il y a 5 ans

Le fait est que mon compagnon subit la chose et qu'effectivement il le fait par amour. Je n'ai pas cherché à vivre le polyamour, il m'est tombé dessus alors que j'avais pris la décision de quitter mon compagnon. De l'amour pour lui je n'en manquais pas mais nous étions dans l'incompréhension mutuelle et étant le premier homme qui comptait dans ma vie sexuelle et affective, j'avais besoin de respirer du frais. J'ai alors cherché à faire des rencontres sur internet et voilà :j'ai rencontré quelqu'un d'extraordinaire et j'ai appris que je pouvais envisager de conserver les deux relations qui comptent beaucoup pour moi. Cela a redonné un nouveau souffle à mon couple et comme tu le dis si bien, ils m'aident "à me sentir complète et épanouie"
Pour ce qui est de mon orientation, je ne suis pas fermée et je pense qu"effectivement on tombe amoureux d'une personne, comme il m'est déjà arrivé de ressentir de très forts sentiments pour une femme.
Oups, plus de batterie sur l'ordi, je publie avant de tout perdre... à plus tard <3
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Re: J'ai découvert ma bisexualité comme on tombe d'une chaise

Message par Thx » il y a 5 ans

[pu*/?!! j'ai fermé la fenêtre dans laquelle j'écrivais mon message, 1h de rédac de perdue, faut que je refasse tout...grr :roll: ]

Bonjour à tou.te.s, j'ai été particulièrement ému et touché par vos témoignages Licornoe, John et Pyara. Ils renvoient tellement à mon expérience personnelle que du coup j'ai envie de partager la mienne aussi aussi. Dans l'espoir qu'il puisse y avoir des sources d'échange et de réflexion commune. Ça fait un an que je suis inscrit ici, et j'ai beaucoup lu, cela m'a réconforté, cela m'a fait avancer. Cela permet de se définir, de cheminer, toujours un peu plus. "Je me sens comme ça", "je ne me sens pas comme ça"...

Bref je saute à l'eau en vous livrant mon histoire. Et comme licornoe, j'ai aussi du mal à faire court. :)

Au départ il y avait un lycéen qui ne se sentais pas forcément bi, mais sensible aux questions LGBT. A la fac je militais dans les milieu LGBT, bien qu'installé depuis plusieurs années dans un couple hétéro.
2002 : mon couple commence à battre de l'aile parce que j'ai des sentiments forts pour d'autres personnes (une autre fille en l’occurrence, une meilleure amie), les frontières de l'amitié et de l'amour sont floues. Le schéma hétéronormé monogame était bien installé dans ma tête ; même si j'étais ouvert d'esprit, je faisais de mon militantisme une question de droits plus qu'une préoccupation perso.
2003 mon couple hétéro vole en éclat. S'en suit une période plutôt sombre sur laquelle je préfère passer. Mais là j'ai croisé une personne fabuleuse qui m'a permis de me relever (ma compagne actuelle). Et en 2004 on se met en couple, je suis encore étudiant, je ne milite plus. Et on se lance dans l'aventure tous les deux.

Puis avec le temps je vais croiser deux personnes qui vont avoir un impact considérable dans ma vie.
A. est étudiant avec moi je le sens proche et petit à petit il devient un confident, quelqu'un d'hyper proche, je lui livre tout, mes doutes, mes questionnements. Parce qu'à la même époque je commence à m'attacher fortement à un autre garçon, L.
L. est gay et on se rapproche mais il habite très loin, du coup tout ce fait par l'écrit et des sentiments commencent à naître.
En 2006, je pars en vacances avec un groupe d'ami.e.s du net dont L fait partie. En Espagne, une semaine. C'était une grande maison, nous étions 15 et les places pour dormir restreintes. Ma compagne n'était pas là, et donc forcément avec L. nous nous sommes bien rapprochés.
"Bon les garçons, certains vont devoir dormir ensemble" Alors, faux hasard bien sûr, L et moi on s'est retrouvé à dormir dans le même lit. Des sentiments forts étaient là et pourtant je tenais énormément à ma compagne. Mais ça a été plus fort, pas d'acte sexuel mais des gestes tendres, des embrassades lors de ballades nocturnes. La plupart des ami.e.s présents n'ont rien vu.
Quand je relis les journaux écrits à l'époque (oui j'écris depuis toujours dans des carnets, c'est mon psy, ma manière d'avancer et de me construire :twisted: ), j'écrivais que j'étais perdu, que pour moi il n'y avait pas que deux cases identifiées ami/amour. Que tout était un nuancier de sentiments.
En rentrant de ces vacances espagnoles magiques, j'allais devoir affronter ma compagne, avec le poids de la culpabilité, le sentiment de trahison, la peur de tout briser. Et comme je suis très mauvais menteur, je me suis dit que c'était pas la peine de tenter de cacher tout ça. Je lui en ai parlé, elle a écouté, accepté de ne pas m'en vouloir. On en est resté là et on a mis ça sous le tapis. On n'en a pas reparlé, tout est ressorti 10 ans après.
En parallèle j'avais pu raconter tout ça à A, mon meilleur ami-confident avec qui je faisais mes études. On est parti 1 mois en stage à Barcelone tous les deux. Là j'ai découvert qu'il partageait de nombreuses choses communes. Sauf que lui aussi en couple hétéro, il s'est imposé des règles, des principes auxquels il s'obligeait de ne pas déroger. "Je ne me pose pas de questions, comme ça je ne remets pas en cause ma vie. J'ai trop peur de ce que ça pourrait bouleverser". Moi je lui disais que je pouvais pas ignorer tous ces sentiments. Il m'a écouté, m'a aidé pour gérer le passage avec L.

Et puis le temps a fait son office. J'ai mis L. de coté pour ne pas avoir le sentiment de trahir la confiance de ma compagne, pour me protéger et pour le protéger (L. avait des sentiments forts pour moi). Les contacts mails avec L. se sont effacés petit à petit. Je l'ai revu seulement 1 et 2 fois en 10 ans, en allant chez lui mais sans qu'il ne se passe absolument rien.
Avec A on a terminé nos études et là encore on a perdu contact petit à petit.
Tout s'est donc estompé. Avec ma compagne nous avons eu deux enfants, on s'est lancé dans d'autres projets. Et pourtant L. traînait dans ma tête, encore et toujours, nos silences (1 mail par an) étaient pesants, il y avait toujours cette histoire en tache de fonds dans mon esprit.
Et puis les choses se sont détériorées petit à petit dans mon couple. Les enfants ont été comme des grains de sables qui allaient gripper la machine (épuisement, fatigue, énervement, sentiments à fleur de peau, larmes, éloignement sexuel, conflit...). Notre couple allait mal sans que j'ose avouer tout ce qui se jouait dans ma tête. Nous avons commencer à évoquer une séparation avec le sentiment que nous étions devenu des colocs, que nous ne nous investissions plus personnellement dans la relation. Nous étions devenu des parents et plus rien à coté.
L'ambiance était lourde, pesante, je repensais à L. Et encore une fois je me confrontais au problème qui me semblait insoluble, On doit être avec 1 personne et pas plus. Et puis moi il n'y avait pas que du sexuel qui me travaillait, non c'était avant tout une histoire de sentiments.

2014 Et puis un miracle s'est produit.

En rentrant de vacances avec mes enfants, j'étais seul avec eux et je captais rien dans la voiture. Je cherchais une station radio et la je tombe sur France Culture, j'écoute rarement France Culture, mais là en quelque seconde d'écoute, je me dis "il se passe quelque chose".

Quand coucher n'est pas tromper

Une révélation, le reportage évoque d'autres formes d'amour, et dans les personnes qui témoignent, des polyamoureux. Et là chaque mot prononcé par les personnes me renvoyaient à mes propres mots, ceux que j'écris dans mes carnets.
C'est donc possible, ça existe et des personnes vivent avec ça. Le mur des impossibles venaient de sauter. Plusieurs références de livres étaient cités dans le reportage.
A peine arrivé la première chose que j'ai faite c'est commander ces livres. Et là il n'y avait plus de doute, je m'étais trouvé. Tout se recoupait et se recroisait. Je n'étais plus seul, on était plusieurs à avoir ces ressentis.
J'ai lu "Aimer plusieurs hommes" de Françoise Simpère qui est devenu ma bible personnelle. J'ai dévoré "Libre, imparfait heureux" de Christophe André sur l'estime de soi, "ah je ne suis peut être pas la merde que je pense être". Des romans, j'aime beaucoup Jean Philippe Blondel (qui écrit aussi pour les ados) où les sentiments et les frontières amitié/amour sont toujours floues "Le passage du gué" qui raconte l'histoire d'un trio amoureux Homme-homme-femme.
J'ai lu sur les forums, polyamour.info, bisexualité.info. les fesses de la crémière

Je pouvais mettre des mots sur mes ressentis. pansexualité, demi-sexualité, bisexualité. Je cherchais pas à m'inscrire dans des cases, mais c'était rassurant de trouver des mots qui permettaient de se définir.

Tout était clair pour moi, je venais d'identifier les causes de mon mal-être. Je tenais à en informer ma compagne avant qu'on entérine la rupture. Je lui ai raconté, tout, mes questionnements, nous, L., A. ...Elle m'a écouté tout déverser pendant des heures.
Elle m'a dit "OK, j'ai tout entendu, j'ai besoin de temps. Tu peux me passer le livre "Aimer plusieurs hommes" ?"
Elle a lu pendant 1 mois. Un mois en suspens dans notre vie de couple. Je lui ai dit que je ne pourrais pas me changer que je me sentais comme ça, qu'il y aurait donc acceptation ou rupture, que j'en étais désolé, mais que je ne voulais plus vivre dans mon propre mensonge.
Et puis on a reparlé, encore et encore. J'ai été à des cafés poly. J'ai échangé, discuté, rencontré pour avancer encore et toujours.
Et ma compagne m'a dit qu'elle était complètement d'accord sur le principe et les valeurs véhiculées même si elle ne construisait pas du tout ce type de rapport avec ses ami.e.s. Elle entendait et acceptait la bisexualité, la non exclusivité sentimentale. Avec bien entendu les valeurs qui sont rattachés au polyamour le respect de chacun, la parole, la réciprocité, la liberté mais la discussion pour cerner les espaces où on se sent mal à l'aise.

Et tout s'est arranger, libéré de ce poids, notre couple à recommencer à vivre. Nous avons retrouvé du partage tous les deux, des choses vraies. Il n'y a plus de mensonges, on se dit quand ça va et quand ça ne va pas.

Et qu'ai-je fait de tout ça avec "les hommes de ma vie" ?

J'ai repris contact avec L. après des années de silence radio, j'ai fait 1000 kilomètres pour aller tout lui raconter, ce que j'étais, ce que je ressentais pour lui, mais qu'il n'y aurait pas d'exclusivité. Que cela n’empêchait pas de se voir et de se programmer des moments ensemble. On a passé un week-end ensemble très fort (où cette fois on a réellement couché ensemble). Avec une seule promesse de plus rester dans le silence et de se dire si ça allait pas. Il m'a proposé qu'on se fasse une semaine de vacances ensemble. Je l'ai organisé. Et deux mois avant les vacances, il a refait silence. Je suis donc parti seul en vacances ce qui m'a permis de réfléchir, méditer :) et de tourner la page. Ce qui avait déclenché tout mes changements était terminé, je m'étais résigné, sans rancœur. Je n'ai jamais su les raisons du pourquoi il ne s'est pas pointé cet été. Peut-être qu'il ne pouvait pas gérer la non-exclusivité, peut-être qu'il souffrait, j'aurais aimé qu'il m'en parle. Il a préféré le silence. J'ai donc lâché l'affaire et refermé le livre L.

Avec A. : j'avais repris contact en 2013. Nous nous sommes retrouvés comme on s'était quitté, confident et proche, il a suivi mes aventures sur le chemin du polyamour. J'ai pu lui livrer mes sentiments pour lui. Je sais qu'il y a ce semblant de frontière invisible entre nous. Je sais qu'on tient énormément l'un à l'autre. Mais il continue de s'accrocher à ses principes (il s'est marié avec une femme et a eu des enfants comme moi). Il ne veut pas franchir le pas. Mais il est toujours là pour moi, on sort, on se fait des restos... Il commence même a m'avouer certains sentiments. Mais je respecte et je ne le forcerais pas à aller contre ses principes. J'ai été honnête avec lui sur ce que moi je ressentais et c'est pour l'essentiel. C'est encore quelqu'un de très présent dans ma vie. Il connaît ma compagne et elle sait ce que je peux éprouver pour lui.

Avec ma compagne, comme je le disais tout va plutôt très bien. On continue d'avancer ensemble. On affronte les difficultés et les passages à vide ensemble. Dans nos dernières discussions, on a pas mal parlé du temps et des projets qu'on s'accordait tous les deux. De la logistique. Et du lien avec nos ami.e.s commun.e.s qui ne sont pas au courant de notre vie intime. Et la question se pose parce que j'ai rencontré il y a 1 an et demi un ami qui vit en Suisse et avec qui je partage beaucoup (lui est célibataire et a une vie encore très étudiante), et j'aimerais l'inviter en France, le présenter à nos ami.e.s commun.e.s, je ne souhaitais pas que ça mette mal à l'aise ma compagne. Pas pour le présenter en tant qu'amoureux, ça c'est du domaine du privé. Mais je voulais pas avoir à me cacher si je voyais des potes d'ici et que je suis avec J, cet ami suisse.

Je dirai comme licornoe, ceci ne sont que les grandes étapes bien sûr. Tout ne s'est pas fait sans douleurs et à-coups. Mais qu'aujourd'hui je peux témoigner que tout est possible quand on est dans la bienveillance, le respect et des valeurs de tolérance.
Le bilan est positif et je ne reviendrai pour rien en arrière. Même si avec L. ça s'est soldé par du silence, si avec A. je reverrais de plus et si J est loin et que ce n'est absolument pas pratique.
Après tout n'est pas tout rose tout le temps, parce que ça implique pour moi des sentiments forts et qu'il faut gérer la logistique, les finances et l'éloignement.
Si c'était qu'une question d'ordre physique ce serait sans doute plus simple. D'ailleurs en début d'année, j'ai couché avec un ami gay suite à une soirée arrosée. Et bien je n'ai pas vibré. Parce que pour lui je n'avais qu'une implication amicale et que le physique n'est pas mon manque.
Je crois que j'ai besoin avant tout de partage, de tendresse et de vivre.

Merci de m'avoir lu.
Merci pour vos témoignages et ce forum.

Tout plein de belles choses à vous aussi.
Si vous avez envie d'échanger sur tout ça, n'hésitez pas à mp.
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Re: J'ai découvert ma bisexualité comme on tombe d'une chaise

Message par John » il y a 5 ans

@Thx : merci à toi d'avoir partagé ton vécu.. avec tellement d'honnêteté. Tu as vécu beaucoup de choses fortes :)
Je m'empresse de noter tes références littéraires :)
Quelle belle image, ce moment où, dans la voiture avec tes enfants, tu as entendu l'émission sur France Culture.. Le pouvoir de la culture, et de l'amour bien sûr ;) Au risque de paraître cul-cul, ça me rappelle cette chanson :)

https://www.youtube.com/watch?v=h_d3fqMH58s

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Re: J'ai découvert ma bisexualité comme on tombe d'une chaise

Message par licornoe » il y a 5 ans

Bonsoir à tous et merci Thx pour ta belle histoire, je n'ai pas trop de temps pour répondre ce soir mais je suis sûr que j'ai plein de trucs à dire. En attendant je voulais partager avec vous cette chanson pour faire écho à ton partage John, elle vient aussi du film "les chansons d'amour" que j'ai adoré. J'aime bien celle que tu as partagé les paroles sont très belle. Mais je crois que ma préférée c'est la suivante ^^ En tout cas elle fait résonner mes souvenirs et mon vécu.

https://www.youtube.com/watch?v=6RrKjM2fKMQ&index=13&list=RDu1obXsSd8qU

Bonne Soirée
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Re: J'ai découvert ma bisexualité comme on tombe d'une chaise

Message par Pyara » il y a 5 ans

merci THX pour tes références littéraires!!! je vais m'empresser d'aller acheter "aimer plusieurs hommes" , peut être que mon compagnon pourra y trouver un peu de sérénité? Des réponses à certaines questions qu'il n'ose peut être pas me poser? Car oui, je les aime tous les deux mais de manière différente.
En tout cas, ton témoignage est très fort et surtout je trouve, très encourageant pour toute personne qui se retrouve dans ce genre de situation.Il prouve que l'on peut avoir confiance en les sentiments de quelqu'un même si cette personne vit d'autres histoires en parallèle.
:smackjoue:
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Re: J'ai découvert ma bisexualité comme on tombe d'une chaise

Message par Thx » il y a 5 ans

Coucou, j'ai un peu de temps ce soir et j'aimerai revenir sur quelqu'uns de vos propos qui m'ont touché et les confronter à mes propres interrogations

@Licornoe.
Tellement juste : --Prendre son courage à deux mains pour reparler, le coup du clic-clac :cheesy: , l'alcool et le non alcool, est ce que l'autre à envie aussi, la relation principale et la relation secondaire, l'équilibrisme (mais tellement !), on aime juste des gens formidables qui nous aident à nous sentir complet, comment on s'appelle (on est quoi l'un pour l'autre)--

Tu évoques le fait que ton mec est intégré à un cercle d'ami.e.s que vous avez avec ta copine. Nous, c'est un sujet que nous avons abordé récemment avec ma compagne. Je lui ai avoué que conduire J. dans une soirée avec des ami.e.s communs me posaient problème (sans qu'elle soit là, parce que pour l'instant elle a pas spécialement de volonté absolu de le croiser).
Je lui ai dit que je pouvais me comporter avec J comme un pote devant les copains, mais que pour des questions de logistique, je me voyais pas aller me coucher séparément et qu'on se retrouve en cachette en pleine nuit. Pour moi c'était encore des faux semblants et du mensonge. Mais je préférais en parler avec ma copine actuelle pour savoir si ca la genait que je fasse des soirées avec nos ami.e.s communs. Elle m'a répondu que ca ne la genait pas, que notre vie de couple et ce qu'on construisait ne regardait personne d'autre, et que, du coup, peu importe ce qu'ils en pensaient. "Reste toi même" m'a-t-elle dit.
Pour l'instant je n'ai jamais eu l'occas d'inviter J à une soirée où il y aurait mes potes, parce que la Suisse est loin, et que j'ai pas encvore osé l'inviter en France parce que cette problématique me tracassait,
Je ne sais pas comment toi tu le vis Licornoe, ça passe bien ? tu as eu des remarques ? des ami.e.s se sont détournés de toi ?

En tout cas la manière dont tu décris tes relations avec ton mec me fait énormément penser aux sentiments que j'ai pour A, mon ami-confident, même s'il y a cette fichue barrière invisible, que je suis pret à franchir mais pas lui.
Moi je me pose la question de savoir si des gestes de rapprochement avec A. doivent être tenter pour être plus en phase avec ce que je ressens (quitte à me prendre un "non" franc et massif, mais qui j'en suis certain ne brisera pas notre amitié, il connait mes sentiments) ou si je dois le laisser faire le premier pas. Parfois j'ai presque l'impression qu'il me tend des perches (sans jeu de mots :P ) pour que je franchisse la barrière du « non contact ».

Et j'en reviens sur le contrat imposé de "plus de relation sexuelle" (qui s'entend), tu penses que ça peut tenir ? Comme tu le dis ca peut etre frustrant, vous en avez parlé tous les deux ? Et ta copine en pense quoi ?
Après tu as la chance d'avoir un rdv régulier. Moi c'est ce que je vis difficilement en ce moment. Les deux hommes qui sont dans ma vie, ça fonctionne beaucoup par a coup, sans régularité, et je trouve que tout cela manque de fluidité. Et quelque part leur présence me manque. J'aimerai tellement pouvoir dire, aller on se prend un café/ on va se boire une biere ce soir. Mais non, tout se planifie des mois à l'avance et les rencontres sont espacés de plusieurs mois, je trouve ca parfois rude.
Tu disais « se voir le midi, c'est pas court ? » Moi je trouve ça bien si c'est régulier. (d'ailleurs ce midi, j'ai fait des bornes pour un rapide resto avec A. et bien ça fait du bien :) )

Pour le partage de tout ça avec les proches. Moi je ne le cache pas, mais je ne l'étale pas partout non plus. En fait j'en parle quand des discussions sur la sexualité ou le couple émerge. Avec certains ami.e.s on aborde jamais ces sujets, du coup je les mets pas sur le tapis. Avec d'autres on est plus proche ou on discute plus de ça (je pense à des collègues de boulot), et ils sont au courant.


@Pyara . " Je n'ai pas cherché à vivre le polyamour, il m'est tombé dessus":coeur: Moi aussi j'ai l'impression d'aimer différentes personnes pour différentes raisons, je développe des parts différentes de moi même avec chacun.
Du coup autant le polyamour est inscrit dans notre couple de manière officielle pour moi et ma compagne, autant elle n'en ressent pas du tout le besoin. Donc je vois bien de quoi tu parles quand tu parles de rassurer. Je dirai même pour moi que c'est des deux cotés. Moi même j'ai besoin de me rassurer sur le fait qu'elle ne souffre pas de tout ça.
Je ne sais pas depuis combien de temps vous vivez dans cette situation, mais de mon coté en 2 ans je trouve que les choses avancent petit à petit, on peut parler de plus en plus des choses. Alors qu'avant c'était plutot "ok mais je ne veux rien savoir, on en parle pas". Maintenant on est plus sur "ok mais rien sur l'intime ou les sentiments car c'est du domaine de l'intime et du jardin secret personnel de chacun".
Bref je trouve que les choses progressent aussi avec le temps.

@John, moi aussi je trouve ça +dur le net que quand les affinités se font avec le temps. Internet je trouve ça flippant. Pour moi, il faut plus de courage pour aller voir quelqu'un sur qui au final tu ne sais pas grand chose. Même si j'ai connu J. comme ça, j'ai eu d'autres expériences où en fait en vrai, y'a rien qui se passe, pas d'étincelles, pas d'alchimie. Du coup ne te mésestimes pa, c'est un joli pas franchi en allant sur le chercher sur le net je trouve.
Et tu as apparemment toi aussi connu des moments de silence avec ton homme, tu l'as géré comment ?
Face à cela je suis encore déstabilisé pour ma part. J'imagine plein de choses (souvent infondées) négatives sur l'état de la relation, j'ai l'impression d'un sens unique, que le besoin ne vient que de moi...Et dans mes moments les plus tristes j'ai l'impression de donner beaucoup d'affection et de partage avec honneteté et de pas avoir de retour.
Best you can is good enough

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