Hétéroromantique et homosexuel, un fardeau...

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Joebuck
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Re: Hétéroromantique et homosexuel, un fardeau...

Message par Joebuck » il y a 2 ans

ChrisRed65, désolé par avance du pavé. Je n'ai pas su être à la fois court et exhaustif.
quand tu dis que tu as vu de l'autre côté ? C'est du passé pour toi ? Tu as trouvé un équilibre ?
Excuses pour la méprise avec cette tournure, «de l’autre côté» .
Je ne dis pas que j’ai traversé les mêmes phases que toi. J’entendais seulement par là que je connais les relations homosexuelles (amoureuses, galantes, platoniques, purement sexuelles…) Et pour cause: je me suis vécu et me suis défini comme gay dans la première partie de ma vie.
Quant à l’équilibre, vaste sujet... Je suis actuellement célibataire et m’amuse en toute honnêteté, en toute légèreté, avec des uns et des unes. Mais qu’en sera-t-il lorsque je tomberai amoureux ? Serai-je tellement épris que personne d’autre ne comptera ? Est-ce qu’avec une femme les hommes me manqueront ? Est-ce qu'avec un homme les femmes me manqueront ? Cette ambivalence est-elle inévitable, sachant que les hétéro et les homo en couple arrivent à se passer :
- des personnes de l’autre sexe pour les premier.e.s
- des personnes du même sexe pour les second.e.s ?
Il y a bien sûr le couple ouvert qui me parle pas mal et le polyamour qui m’intéresse philosophiquement. Mais aurai-je la maturité nécessaire pour bien vivre ce genre de relations ? Rencontrerai-je la.les bonne.s personne.s pour cela ?
Tu vois, je n’ai pas encore trouvé l’équilibre. Je pense que pour quiconque s’écarte du modèle sociétal pour réfléchir à sa vie et ses envies, l’équilibre devient une quête sans fin. Dans l’intime comme dans toute chose car on change constamment, comme dit ta psy.

J’ai envie de creuser un peu ce que tu dis. Encore une fois, aucun malaise si je vais trop loin et que tu ne souhaites pas approfondir. Il y a aussi ma messagerie perso si ça te semble plus confortable, bien que je te sente plutôt à l’aise sur le forum public.
je me dis que l'on est dans un monde où on a la médecine, différentes technologies, mais moi j'ai souvent rêvé d'un monde plus sain, plus naturel, moins matérialiste, mais avec un équilibre, eh bien, je me demande si ça serait possible dans ces conditions
le "ça" c’est mis pour les relations homosexuelles ? Auquel cas j’ai une piste mais je préfère être sûr d’avoir bien compris la question.

Je me permets un commentaire sur tout le passage ou tu évoques les idées de ton frère. Il t’aime sans doute et te veut du bien. Est-il au courant de tes expériences et désirs pour les hommes ? Ou bien il parle avec toi sans savoir que tu es concerné ?
Vous semblez avoir une relation forte et son opinion semble importante pour toi. Mais si certaines de ses réflexions ne te font pas du bien étant donnée ta fragilité du moment, peut-être vaut-il mieux rediriger les conversations vers autre chose.
J’aurais aimé entendre ce qu’il a dit exactement pour signifier que l’orientation homosexuelle se choisit avant d’arriver sur terre. Avec tout mon respect pour ton frangin, il peut avoir toutes les certitudes du monde sur les sujets dont il a fait l’expérience. Toutefois, à moins d’avoir eu de désirs ou des expériences bi ou homo, je doute que son avis puisse faire référence. Les principaux concernés (toi, moi, tou le monde ici par exemple) ou les personnes formées et sensibilisées (tes thérapeutes notamment) m’apparaissent plus fiables. Sachant que chacun.e des personnes concernées a un parcours unique, difficilement généralisable.

C’est intéressant le lapsus «ma femme/ma mère». J’ai plusieurs copines hétéro qui font le même au sujet de leur amoureux. Que je sache, elles n’ont pas de souci dans leur sexualité ni leur orientation. Les raisons de ta répulsion peuvent être tellement nombreuses, conscientes ou hyper enfouies. Mais oui, la théorie est tentante. A voir ce que tu en tireras à la longue.

Ce qui est sûr c’est que même quand tu tentes d’enfouir tes désirs au masculin sous le tapis, ton inconscient finit par te les ramener violemment à la surface. D’un côté ça te fait souffrir en ce moment. Or de l’autre c’est une chance : une partie de toi veut absolument te faire réagir pour que tu prennes la décision qui sera bonne pour toi. C’est une super idée que cette séance d’hypnose en septembre. Au moins pour écarter des hypothèses.
j'ai un vrai blocage avec la vue du sexe féminin. Dès que j'en arrive à cette partie de l'anatomie, j'ai du mal
J’ai eu moi aussi un rapport un peu compliqué à la vulve. Ca a fini par se régler lorsque je me suis senti aligné dans ma sexualité et que j'ai rencontré une personne avec qui je me sentais vraiment en confiance.
Quand j’étais gay, je trouvais mystérieuse et inquiétante cette "fente" dont je pensais qu’elle pouvait m’aspirer. Au début de mes expérimentations hétéro, la vulve m'intimidait. Tellement différente de ce que j'avais connu jusqu'alors. Au delà de la peur de ne pas "assurer", il se jouait inconsciemment autre chose. A savoir le changement d’orientation que je n’acceptais pas encore, ainsi qu’un repositionnement de ma masculinité dans l’intime : avant dans un lit j’étais un homme par rapport à d’autres hommes, de façon assez libre. Voilà que je devenais l’homme par rapport à la femme, avec toute la culture patriarcale que ça peut charrier involontairement. Je m’imposais la pression d’une masculinité «absolue» , un peu cliché et patriarcale. Pas simple pour moi qui en plus entretenais un complexe au niveau virilité.

Parfaite transition vers la question du «passing», pour reprendre les termes de Pablobi. Le passing est le fait de pouvoir passer pour quelqu’un d’autre que soi en termes de groupe racial, social, de genre, d’orientation sexuelle ou autre. Ça sous-tend généralement que l’on peut ainsi bénéficier des privilèges sociaux d’un autre groupe que le sien. Exemples : être protégé.e de l’homophobie ordinaire quand on a «l’air hétéro» ( cette expression m’agace à moitié). Passer pour «blanc.he» quand on ne l’est pas et échapper au racisme. Ne pas être harcelé.e quand on est trans car on passe pour une personne cisgenre, etc…

C’est une question que je connais bien puisque comme toi je divise les suffrages. Je suis plutôt doux, avec une part féminine plus prononcée que le standard admis. C'est présent dans certains gestes, certaines intonations, dans ma façon de penser et de communiquer. On dit de moi que je suis un «original». Plus David Bowie ou Prince que Johnny Halliday ou Jay Z (je prends les flatteries qu'on on veut bien me faire :mrgreen:).

Résultat, au sondage sur mon orientation sexuelle les avis sont assez partagés entre hétéro, gay ou ambigü. Je note que c’est aussi le cas de plusieurs potes mecs hétéro qui se trouvent être soit doux, soit discrets, soit sophistiqués, soit les trois à la fois. Il y en a même un qui a dû batailler pour convaincre son amoureuse qu’il n’était pas un refoulé (aujourd’hui ils sont mariés, parents et sereins). Je sais donc que les préjugés ne sont pas la réalité et que je ne devrais pas être atteint.

Pour autant je n’ai pas toujours bien vécu de ne pas être dans la norme masculine. Plus jeune, ça me complexait un petit chouilla que mon homosexualité « se voie ». J’ai très rarement été moqué. Neanmoins les quelques fois où c’est arrivé n’ont pas aidé à éliminer mon petit résidu d’homophobie culturelle intériorisée. Et même quand un petit «sale p*dé» ou «espèce d'enc*lé» fusait par réflexe, sans rapport avec mon identité sexuelle, ça picotait. Donc je comprends bien ce que tu as ressenti quand cet homme t'a parlé de ton prétendu regard (dont on peut se demander si une part inavouée de lui n'y était pas sensible :lol: )

Etrangement, c’est ma bisexualité qui m’a progressivement permis d’être tout à fait en paix avec ma personnalité. J’aime les hommes et les femmes (et potentiellement les autres aussi). Pas forcément de la même façon, pas forcément pour les mêmes raisons. Ma "bimentalité" me permet d’aller très naturellement vers les uns et les unes. Sans devoir me renier, sans devoir faire le yoyo entre convention virile de façade et sensibilité cachée, puisque je vis en paix avec les deux facettes au niveau psychique.

En gros, c’est le fait d’avoir accouché de «mon-vrai-moi-bi» qui m’a permis d’habiter sereinement mon corps et d’accepter mon esprit non-formaté.

Eh bien tu sais quoi ? Depuis que je me fiche de la catégorie dans laquelle on veut m'enfermer, l'éventail de mes relations s'est notablement élargi. Des femmes hétéro viennent vers moi, des hommes hétéro curieux, des bi, des gay aussi. J'ai tendance à parler assez naturellement de ma bisexualité. Les femmes trouvent généralement ça intéressant -voire excitant- que j’aie connu des hommes. Elles disent que j’ai un regard plus subtil sur le monde que certains hommes hétéro. J’en viens à être persuadé que quand tu arrives enfin à être bien dans ta peau et à savoir ou tu vas, l’univers se conforme et t’envoie la/les bonne.s personne.s.

Bien sûr il y aura toujours des gens qui colleront une étiquette selon leurs préjugés. Certaines filles m'ont surement déjà disqualifié par "soupçon". Tant mieux pour elles et surtout pour moi. Il y a des personnes qui n'imaginent pas qu'on puisse être équilibré et non-hétéro. C’est leur problème, pas le mien. Les personnes qui m’intéressent sont plus fluides dans leur pensée. Et elles sont plus nombreuses que je ne le pensais. Je le remarque depuis que j'ai entrepris une thérapie.

Si je te raconte tout ça ce n’est pas pour me faire mousser alors que toi tu es en pleine turbulence. C'est au contraire pour t’encourager à poursuivre le travail ardu que tu mènes. Certes je n’ai pas eu l’enjeu d’un couple établi et un amour profond dans la balance. Cela dit j’ai traversé - comme d’autres ici - des zones très troubles. Il est possible d’en sortir grandi, serein, voire plus heureux. C’est super que tu sois en route.
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Re: Hétéroromantique et homosexuel, un fardeau...

Message par TiProust » il y a 2 ans

Joebuck a écrit :
il y a 2 ans
...
Bien sûr il y aura toujours des gens qui colleront une étiquette selon leurs préjugés. Certaines filles m'ont surement déjà disqualifié par "soupçon". Tant mieux pour elles et surtout pour moi. Il y a des personnes qui n'imaginent pas qu'on puisse être équilibré et non-hétéro. C’est leur problème, pas le mien. Les personnes qui m’intéressent sont plus fluides dans leur pensée. Et elles sont plus nombreuses que je ne le pensais. Je le remarque depuis que j'ai entrepris une thérapie.
...
intéressante remarque (le reste aussi, mais je retiens particulièrement cette-ci). j'élargirais en disant que le préjugé se trouve également parfois au sein des "communautés" où d'autres catégories fleurissent. La disqualification est un genre universel :( , des poilus qui n'aiment pas les lisses aux critères d'âge en passant par les préférences dans les pratiques...

J'ai failli abandonner ma recherche de partenaire à cause de ça, et puis en prenant son temps et en "méprisant" ceux qui me faisaient comprendre que le "produit" (moi) était soit périmé soit plus à la mode soit... j'ai fini comme toi par identifier assez de personnes "raisonnablement ouvertes" pour trouver, à défaut du grand amour auquel je ne crois plus (ou qui ne m'intéresse sans doute plus vraiment), un peu de camaraderie masculine.

Ayant fait un cheminement différent du tien (longue vie hétéro d'abord), je ne m'inquiète plus de savoir si je suis gay ou bi. Bi je le suis par "construction" si j'ose dire (ou par démonstration... :twisted: ), dans mes échanges avec les hommes, j'annonce gay mais constate que la très grande majorité des hommes avec qui je suis en relation, que ça débouche ou non, sont ou se disent bisexuels (bcp d'hommes mariés dans ma tranche d'âge). Pour moi, c'est au final peu important.

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Re: Hétéroromantique et homosexuel, un fardeau...

Message par ChrisRed65 » il y a 2 ans

Difficile de tout reprendre.
le "ça" c’est mis pour les relations homosexuelles ? Auquel cas j’ai une piste mais je préfère être sûr d’avoir bien compris la question.

Je me permets un commentaire sur tout le passage ou tu évoques les idées de ton frère. Il t’aime sans doute et te veut du bien. Est-il au courant de tes expériences et désirs pour les hommes ? Ou bien il parle avec toi sans savoir que tu es concerné ?
Vous semblez avoir une relation forte et son opinion semble importante pour toi. Mais si certaines de ses réflexions ne te font pas du bien étant donnée ta fragilité du moment, peut-être vaut-il mieux rediriger les conversations vers autre chose.
J’aurais aimé entendre ce qu’il a dit exactement pour signifier que l’orientation homosexuelle se choisit avant d’arriver sur terre. Avec tout mon respect pour ton frangin, il peut avoir toutes les certitudes du monde sur les sujets dont il a fait l’expérience. Toutefois, à moins d’avoir eu de désirs ou des expériences bi ou homo, je doute que son avis puisse faire référence. Les principaux concernés (toi, moi, tou le monde ici par exemple) ou les personnes formées et sensibilisées (tes thérapeutes notamment) m’apparaissent plus fiables. Sachant que chacun.e des personnes concernées a un parcours unique, difficilement généralisable.
Oui, le ça c'est pour les relations homos, mais ce n'était pas péjoratif dans ma façon de le dire.

Pour mon frère, oui il sait que j'ai eu des expériences bi/homo mais plus que ce qu'il pense, j'ai déjà voulu aborder le sujet pour en parler, me confier, faire en sorte que l'on n'ait pas de secret, mais il a plus ou moins refusé d'entrer dans les détails, je pense que comme beaucoup d'hommes hétéros, il a tendance à visualiser l'acte et ça le gêne. Je pense qu'il en a parlé pour moi, récemment je lui ai avoué avoir eu des fantasmes homos, notamment parce que j'avais besoin d'en parler, après avoir vécu une période de 2 ans de crises d'angoisse, d'attaques de panique, je préfère parler des choses pour les comprendre que les garder pour moi. Cela dit, je sais aussi qu'il n'aime pas parler de ce sujet car il a douté de sa sexualité quand il était jeune, sans être passé à l'acte.
Oui, je suis d'accord avec toi sur le fait que d'autres personnes sont bien plus fiables, mais j'ai pas mal confiance en sa capacité de réflexion. Il a une vision spirituelle qui fait défaut à beaucoup de monde. Il a une approche que peu de gens ont et c'est aussi pour ça que j'accorde de l'importance à ses propos.
En plus, j'ai toujours eu beaucoup de mal à en parler avec des hommes hétéros, c'est vraiment le seul à qui je me sentais d'en parler, sinon j'ai souvent préféré en parler avec des femmes.
Cela dit, même s'il m'a influencé on va dire, c'est aussi mon rapport avec les femmes qui m'a beaucoup fait douter et qui a fait que j'ai privilégié une relation longue avec une femme.
Parfaite transition vers la question du «passing», pour reprendre les termes de Pablobi. Le passing est le fait de pouvoir passer pour quelqu’un d’autre que soi en termes de groupe racial, social, de genre, d’orientation sexuelle ou autre. Ça sous-tend généralement que l’on peut ainsi bénéficier des privilèges sociaux d’un autre groupe que le sien. Exemples : être protégé.e de l’homophobie ordinaire quand on a «l’air hétéro» ( cette expression m’agace à moitié). Passer pour «blanc.he» quand on ne l’est pas et échapper au racisme. Ne pas être harcelé.e quand on est trans car on passe pour une personne cisgenre, etc…
D'accord, je comprends mieux ce que voulait dire Pablo. Effectivement, dans tout ce que tu dis par la suite, je me reconnais un peu, c'est même assez proche de ce que j'ai ressenti pendant des années.
Donc je comprends bien ce que tu as ressenti quand cet homme t'a parlé de ton prétendu regard (dont on peut se demander si une part inavouée de lui n'y était pas sensible :lol: )
Oui, c'est ce qu'ont pensé la plupart des personnes à qui j'ai raconté cette anecdote. Je lui en ai reparlé des années plus tard parce que le hasard de la vie a fait que l'on s'est retrouvé dans la même ville, et que nos enfants sont dans la même classe à l'école, j'ai voulu remettre les points sur les I. Apparemment, il a des problèmes de mémoire. Mais moi, ça m'a beaucoup affecté, d'ailleurs, après ça, on n'a plus vraiment été amis. J'avais l'impression qu'il "enquêtait" pour savoir si j'étais gay, j'ai souvent ressenti ça que des personnes se doutaient et essayaient de savoir, moi j'ai toujours préféré la franchise, le côté direct des gens, même si parfois c'est blessant ou difficile à entendre, mais je préfère ça que l'on fasse des insinuations, sous-entendus, métaphores... D'ailleurs, c'est le problème avec mon frère, il est pas allé au bout de sa pensée, et alors tu dois interpréter ce que la personne pense ou veut dire, c'est chiant... Mais concernant mon ancien pote, oui je me suis posé la question, une fois il m'a provoqué je pense sciemment. On était chez lui, il était affalé sur son pouf, et il m'a fixé avec une érection bien visible, je crois qu'il avait envie que je le suce, j'ai détourné le regard et l'ambiance s'est refroidie. Mais moi j'avais pas envie de ça comme ça.
Eh bien tu sais quoi ? Depuis que je me fiche de la catégorie dans laquelle on veut m'enfermer, l'éventail de mes relations s'est notablement élargi. Des femmes hétéro viennent vers moi, des hommes hétéro curieux, des bi, des gay aussi. J'ai tendance à parler assez naturellement de ma bisexualité. Les femmes trouvent généralement ça intéressant -voire excitant- que j’aie connu des hommes. Elles disent que j’ai un regard plus subtil sur le monde que certains hommes hétéro. J’en viens à être persuadé que quand tu arrives enfin à être bien dans ta peau et à savoir ou tu vas, l’univers se conforme et t’envoie la/les bonne.s personne.s.
Oui, je comprends bien cela, et aussi ce que dit TiProust ensuite pour compléter ton propos. Il est vrai que chercher une "catégorie" quand j'étais jeune m'a fait souffrir, mais c'était aussi pour me comprendre. Cela dit, je sais que mon expérience avec les hommes m'a aidé sur le plan sexuel avec les femmes, je me suis un peu inspiré de la façon dont certains hommes m'ont pris dans ma manière de prendre les femmes, ça m'a aidé pour donner du plaisir, en particulier avec ma femme.
J’ai eu moi aussi un rapport un peu compliqué à la vulve. Ca a fini par se régler lorsque je me suis senti aligné dans ma sexualité et que j'ai rencontré une personne avec qui je me sentais vraiment en confiance.
Quand j’étais gay, je trouvais mystérieuse et inquiétante cette "fente" dont je pensais qu’elle pouvait m’aspirer. Au début de mes expérimentations hétéro, la vulve m'intimidait. Tellement différente de ce que j'avais connu jusqu'alors. Au delà de la peur de ne pas "assurer", il se jouait inconsciemment autre chose. A savoir le changement d’orientation que je n’acceptais pas encore, ainsi qu’un repositionnement de ma masculinité dans l’intime : avant dans un lit j’étais un homme par rapport à d’autres hommes, de façon assez libre. Voilà que je devenais l’homme par rapport à la femme, avec toute la culture patriarcale que ça peut charrier involontairement. Je m’imposais la pression d’une masculinité «absolue» , un peu cliché et patriarcale. Pas simple pour moi qui en plus entretenais un complexe au niveau virilité.
C'est intéressant tout ce que tu dis. Je n'ai pas ressenti la même sensation de mystère et d'aspiration, mais effectivement la vulve m'intimidait aussi, me faisait un peu peur et j'avoue que je ne trouvais pas ça très beau, peur de toucher aussi, ça s'est amélioré avec ma femme et j'ai pris plaisir à la toucher et à lui faire des cunnis, mais dans les meilleur des cas dans le noir ou en fermant les yeux, je n'arrivais pas à regarder sa vulve. Mais la première fois que j'ai vu un vagin c'était celui de ma mère et ça m'avait un peu choqué (le parallèle avec ton paragraphe précédent) Et je pense que moi aussi j'ai nourri un certain complexe, une pression de la masculinité, et le fait que j'étais passif avec les hommes a dû accentuer ce complexe. Avec une femme, le rapport naturel, c'est de prendre, ou de donner et j'avais du mal à y arriver.

Un exemple, je me souviens bien d'un rencard qui s'était bien passé avec une jeune femme quand j'étais à la fac, on était chez elle sur son lit, et quand nous nous embrassions, caressions, j'étais super excité, je la trouvais vraiment belle et bandante, elle m'a d'ailleurs dit que c'était la première fois qu'un mec bandait comme ça pour elle (ce qui m'a étonné franchement), on a mimé des actes de pénétration et j'étais super excité, puis à un moment donné j'ai voulu descendre entre ses jambes et lui faire un cunni, mais dès que je me suis retrouvé entre ses jambes, la débandade, l'excitation s'en allait.

D'ailleurs, quand j'ai regardé mes premiers pornos, avec d'autres garçons de mon âge (fin de collège, début de lycée je ne sais plus trop), je n'étais pas spécialement excité pendant les phases où l'homme s'occupait de la femme, j'adorais les scènes de fellation, mais je n'ai pas compris tout de suite que c'était parce que j'avais envie de faire comme la femme. Même si c'est également ce que je préfère au lit quand je suis avec une femme.

Mais pour un peu répondre à toi et TiProust, si je cherche à savoir ou à comprendre si je suis gay/bi, ce n'est pas forcément pour me ranger dans une case, et je suis soulagé, rassuré, content pour vous de voir que vous arrivez à trouver librement une façon d'être et d'exister sexuellement, mais me concernant, aujourd'hui, c'est plus parce que je m'inquiète pour ma santé mentale. J'ai l'impression de traverser une épreuve depuis 2 ans, j'ai aussi vécu un grand stress dans ma relation avec ma belle-famille, et j'ai associé différentes angoisses à ma femme, ma relation de couple, ma sexualité. En fait, je n'ai pas eu de preuve même si j'ai eu de grosses raisons d'avoir des soupçons à leur égard, je les ai soupçonnés d'avoir parlé dans mon dos dans le quartier où l'on vivait, pendant quelques années, on habitait l'immeuble à côté du leur, on sortait le chien dans le même coin, on voyait les mêmes voisins, et un jour une voisine m'a averti que des "proches" racontaient des horreurs sur moi, j'ai pensé à eux, c'étaient les seuls proches que l'on avait et j'avais déjà des doutes, leur façon de me regarder, des gens qui ne me disaient plus bonjour, en fait, j'ai cru qu'ils m'avaient fait passer pour un pédophile, et ça a été la source d'angoisses et de stress, j'ai eu peur pour ma vie, et ça a développé un toc, le toc de la pédophilie, que je ne connaissais pas du tout, c'est pour ça que j'ai eu des pensées suicidaires, pas pour l'homosexualité. Mais ça je n'arrive pas à en parler oralement à des proches, à part ma femme et mon frère. J'ai eu des pensées intrusives, c'est comme ça que les nomme ma psy, et elle m'a beaucoup soulagé de ça quand elle m'a expliqué le toc, j'ai cru que je devenais pédophile et je me suis dit "je préfère me tuer que supporter ça", et j'ai eu des pensées intrusives lors des dernières fois où l'on a essayé de faire l'amour avec ma femme. Et depuis, je bloque vraiment à avoir des relations sexuelles avec elle, la dernière fois que l'on a essayé, je n'en ai pas eu, mais j'angoissais, je n'arrivais pas à respirer. Et j'ai aussi peur que ça se reproduise avec une autre femme. Ma femme était enceinte pendant la période où ces pensées intrusives sont apparues et j'ai très mal vécu la grossesse, j'avais peur dene pas pouvoir être le même père que pour mes deux premiers enfants. Bon, finalement, ça se passe bien avec ma fille. Paradoxalement, sa présence me détend, les sourires d'un bébé, les rires, c'est cool. Mais j'appréhende le sexe avec ma femme du coup. Et avec les femmes en général.

Je pense que mon cas doit quand même être assez atypique, et je suis content d'arriver à l'exprimer en public, même si c'est que par écrit, et pour le moment je préfère en public qu'en privé. J'imagine que l'hypnose va m'aider pour ça. Après, j'ai fait des recherches sur internet et j'ai vu que d'autres personnes avaient eu ce toc, et j'ai ressenti beaucoup d'empathie et de compassion pour ces autres personnes. C'est vraiment un truc horrible.

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Re: Hétéroromantique et homosexuel, un fardeau...

Message par Joebuck » il y a 2 ans

Hello, j'ai fait un peu plus court cette fois. Mais pas encore assez.
Oui, je suis d'accord avec toi sur le fait que d'autres personnes sont bien plus fiables, mais j'ai pas mal confiance en sa capacité de réflexion. Il a une vision spirituelle qui fait défaut à beaucoup de monde. Il a une approche que peu de gens ont et c'est aussi pour ça que j'accorde de l'importance à ses propos.
Bon, Au temps pour moi. Si c’est un avis dont tu considères qu’il t’apporte des choses positives, je me tais. Il est vrai que je ne sais rien ni de vous deux ni de votre relation. Mea Culpa.
En plus, j'ai toujours eu beaucoup de mal à en parler avec des hommes hétéros, c'est vraiment le seul à qui je me sentais d'en parler, sinon j'ai souvent préféré en parler avec des femmes.
Je comprends bien ce besoin d’en parler avec des personnes qui nous ressemblent plus ou moins. Je conçois aussi que selon l’environnement (generationnel, culturel, etc.), il n’est pas toujours aisé de parler à des hommes hetero ou perçus comme tels qui acceptent d'aborder les sujets intimes sans aucun tabou. J'ai l'impression que les femmes le sont davantage, quel que soit le milieu.
concernant mon ancien pote, oui je me suis posé la question, une fois il m'a provoqué je pense sciemment. On était chez lui, il était affalé sur son pouf, et il m'a fixé avec une érection bien visible, je crois qu'il avait envie que je le suce, j'ai détourné le regard et l'ambiance s'est refroidie. Mais moi j'avais pas envie de ça comme ça.
Déjà, bravo de l’avoir confronté des années après. C’est extrêmement courageux d’assumer ta vulnérabilité en revenant là-dessus. C’est aussi donner l’occasion à l’autre de se montrer sincère. Dommage qu’il n’ait pas eu la noblesse de saisir la perche tendue. Le miroir que tu tendais lui renvoyait sûrement une image embarrassante, voire honteuse.

Quant au coup du pouf et du regard lourd de sens, c’est un grand classique. Je mets ça en lien avec ce qu’on disait plus haut, à savoir la difficulté de certains hommes à sortir de certaines injonctions. J’ai vécu plusieurs fois la même chose avec des potes, notamment à l’adolescence. Ils ont quand même eu la gentillesse de m’épargner les mots blessants. Il est sûrement trop dur pour certains hommes d’assumer leur curiosité non-conventionnelle. Et le fait d’exprimer les choses dans l’outrance leur offre une porte de sortie («mais nan je déconnais») tout en se rassurant dans leur virilité. Oser la drague douce avec un mec serait un truc de gays. Qualificatif vu ici comme dégradant, bien entendu. Comme toi, j’ai toujours pris soin de cordialement ignorer ces approches-là. Ou au pire un sourire distrait et je changeais de sujet. Je voulais que les choses se fassent dans le respect et une forme de douceur sinon rien.
J'ai eu des pensées intrusives, c'est comme ça que les nomme ma psy, et elle m'a beaucoup soulagé de ça quand elle m'a expliqué le toc, j'ai cru que je devenais pédophile (…) j'appréhende le sexe avec ma femme du coup. Et avec les femmes en général. Je pense que mon cas doit quand même être assez atypique
Je me suis renseigné par curiosité sur le TOC dont tu parles. Je me suis retrouvé à lire plusieurs articles décrivant mot pour mot ce que je vis depuis que je suis adulte. J’ai été préservé de toute expérience malheureuse en tant qu’enfant, je me suis occupé de mes cadets, neveux, nièces sans la moindre phobie d’impulsion quand j’étais ado.
Mais depuis l’âge adulte j’ai des peurs irrationnelles. Au point de redouter de garder les enfants des proches. Alors que je trouve parfaitement abjecte et dégoutante toute idée de contact intime entre adultes et enfants. Mon explication était que mon cerveau a été contaminé par les faits divers qui émaillent l’actualité, et par le triste amalgame entre homosexualité et pédophilie.
Mais pourquoi n’avoir jamais pensé à en parler à mon thérapeute ?! Merci à toi d’avoir osé prendre la parole à ce sujet.

Je n’imagine pas la souffrance qui a dû t’accabler ces deux années. Tu as toute ma compassion. Maintenant je comprends que tu as deux sujets qui se télescopent mais qui sont à la base tout à fait indépendants :
A- la question de l’identité sexuelle, qui est présente depuis longtemps mais n’a pas empêché l’intimité affective et sexuelle avec ta femme.
B- Une «mise au ban» par des proches, avec conséquences néfastes dans ton image de toi-même, ton rapport à ta femme (dont un blocage sexuel), ton rapport à ton entourage plus large.
Conséquence : le blocage sexuel avec ta femme, tout à fait indépendant de ton identité sexuelle, te ramène à ton rapport aux femmes en général. Et par extension à ton rapport aux hommes.
Il y a lien de cause à effet mais pas de rapport direct entre l’une et l’autre question. Ça doit être difficile pour toi de ne pas amalgamer les deux sujets, en effet.

Petit questionnaire si ça t’amuse d’y répondre. Basé sur les confidences de plusieurs copines. Imagine qu'une pote s'ouvre à toi (en pensées, seulement hein! ) Elle est hétéro, sans aucune attirance pour les femmes. Seulement voilà : elle n’aime pas faire de fellations. Du moins il lui faut beaucoup de temps et d’intimité émotive avec son partenaire pour de ne plus éprouver de répulsion pour un pénis.

1- Remettrais-tu en question son orientation sexuelle ? Dirais-tu qu’elle a un fonctionnement sexuel qui lui est aussi particulier que légitime ? Autre réponse ?

2- Maintenant remplace "femme hétéro" par "homme hétéro", "fellation" par "cunni".
Remettrais-tu en question son orientation sexuelle ? Dirais-tu qu’il a un fonctionnement sexuel qui lui est aussi particulier que légitime ? Autre réponse ?

3- Ensuite, remplace "homme hétéro" par "Chrisred65". Sachant que Chrisred65 est avant tout un individu singulier. Point barre. Mettons de côté que c’est un homme aux prises avec la variété de ses désirs et avec les injonctions sociétales.
Dans ce cas, la réponse varie-t-elle de «homme hétéro» ? Si oui, pourquoi ?
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ChrisRed65
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Re: Hétéroromantique et homosexuel, un fardeau...

Message par ChrisRed65 » il y a 2 ans

Je me suis renseigné par curiosité sur le TOC dont tu parles. Je me suis retrouvé à lire plusieurs articles décrivant mot pour mot ce que je vis depuis que je suis adulte. J’ai été préservé de toute expérience malheureuse en tant qu’enfant, je me suis occupé de mes cadets, neveux, nièces sans la moindre phobie d’impulsion quand j’étais ado.
Mais depuis l’âge adulte j’ai des peurs irrationnelles. Au point de redouter de garder les enfants des proches. Alors que je trouve parfaitement abjecte et dégoutante toute idée de contact intime entre adultes et enfants. Mon explication était que mon cerveau a été contaminé par les faits divers qui émaillent l’actualité, et par le triste amalgame entre homosexualité et pédophilie.
Mais pourquoi n’avoir jamais pensé à en parler à mon thérapeute ?! Merci à toi d’avoir osé prendre la parole à ce sujet.
Oui, en effet, ce que tu décris ressemble un peu à ce que je ressens. Je n'ai pas eu d'expérience malheureuse en tant qu'enfant (mais à cause de ce toc, je me suis posé la question tout de même) et pendant des années, je n'ai pas eu de peur à ce sujet, je pense comme toi avoir été contaminé par les faits divers et aussi par les comportements de certaines personnes qui vont voir dans des actes de gentillesse des mauvaises intentions.
En fait, quand on subit ce toc, on est justement dégoûté par ce genre d'actes, ma thérapeute m'a rassurée sur ça, les pédophiles n'ont pas de scrupules, je n'arrive pas à comprendre comment ils fonctionnent, mais nous c'est tout l'inverse. Moi, j'ai senti un énorme malaise dans ma belle-famille avec ça en fait, j'avais la sensation qu'ils voyaient d'un mauvais oeil le fait que je m'entendais bien avec leur petit-fils, le neveu de ma femme que je traitais comme un de mes neveux de sang. Et puis, j'ai commencé à me sentir mal à l'aise avec les enfants "des autres", à installer de la distance, mais ça n'a fait qu'aggraver le truc en fait. Et ça m'a même fait poser la question sur le triste amalgame comme tu dis entre homosexualité et pédophilie. D'ailleurs, j'ai fini par communiquer mes doutes à ma belle-famille et ils ont refusé toute forme de dialogue, ils ne m'ont même pas répondu, ils ont eu une attitude très bizarre qui n'a pas dissipé mes doutes concernant leur malveillance, bien au contraire.

Merci pour ta compassion.

1. Justement, ça me fait un peu penser à ma femme, sans forcément ressentir de la répulsion pour le pénis, elle n'aimait pas trop les fellations, elle m'en a fait surtout au début, puis après plus du tout pendant des années (sauf de rares 69) et puis elle en a refait récemment pour relancer le désir avec moi, mais c'est justement quand elle m'a fait une fellation que j'ai eu une pensée intrusive, et ça a renforcé le blocage.

Sinon, je ne dirais pas que ça remet en cause son orientation sexuelle, mais que cela peut faire réfléchir, ça dépend de la cause de cette répulsion, puisque je pense qu'une femme lesbienne attirée par les femmes et pas du tout par les hommes doit ressentir de la répulsion pour le sexe masculin (et ouais, j'inverse le truc :x), je me demanderais si cela vient d'un "trauma", s'il y a une cause psychologique ou si éventuellement ça ne serait pas dû avec un manque d'attirance pour le corps masculin. Je ne saurais pas être catégorique.

2. Eh bien, oui, je m'interrogerais sur l'orientation sexuelle de cet homme, soit je me dirais qu'il a un problème avec le sexe féminin, un "trauma", un blocage (probablement lié à l'éducation, à ses expériences à l'enfance, l'adolescence...), une peur, et j'envisagerais également le fait que ce n'est pas son truc.

3. Enfin, cela correspond à mon mal-être, je me suis souvent demandé si ma révulsion avait une cause dans mon enfance, mon éducation ou si elle est révélatrice d'une impossibilité pour moi d'être en parfaite harmonie avec une femme. Le truc, c'est qu'inversement, je trouve que certains sexes masculins sont bons, le fait d'imaginer faire une fellation a souvent été une source de désir agréable pour moi, et j'adorais en faire, quand le fantasme s'est concrétisé, cela ressemblait à ce que j'imaginais. Je me souviens par exemple du dernier homme avec qui j'ai couché il y a environ 12 ans, on était allongé dans son lit, je baisse la tête, je vois son boxer qui moule son sexe, et j'ai eu envie de le toucher, le caresser et j'ai glissé ma tête sous la couette... Quand j'y pense, sexuellement avec les mecs, c'était naturel sur le plan physique.

Je suis d'ailleurs allé faire un tour sur le forum sur un topic qui montrait des photos d'hommes, cela me procure un effet réel. En outre, là en vacances, à la plage, ça m'est arrivé de laisser traîner mes yeux sur un homme que je trouvais bien fait. J'aime regarder les femmes, je les trouve belles, et j'ai parfois du mal à m'empêcher de les regarder, mais je n'ai pas non plus cette sorte de pulsion que j'ai souvent remarquée chez des potes hétéros quand ils parlent/matent des femmes. Ma psy a aussi mis en évidence le fait que les hommes avec qui j'ai eu des relations, je ne les ai pas rencontrés dans des conditions propices pour établir des relations saines (internet, sauna, etc...)

Et puis, pour reparler de l'amalgame entre homosexualité et une sexualité dégradante, je pense avoir fait cet amalgame précédemment. Quand j'ai rencontré ma femme, c'était au travail et à notre premier rencard, elle m'a confié pour me prévenir que des filles parlaient de moi en mal, qu'elles disaient que j'étais un "pervers", ça ça m'a fait très mal, je ne m'y attendais pas, j'ai ressenti une violente douleur dans mon coeur. Ma femme, elle, a préféré se faire son opinion et on a commencé à se voir, ce qui en a surpris plus d'une. Et puis, ça m'a un peu pris la tête, j'ai essayé de comprendre pourquoi elles ont cru ça, c'était une nouvelle ville, je ne connaissais personne, j'espérais faire des connaissances justement et j'avais remarqué des comportements bizarres à mon encontre (incivilités, distanciation physiques curieuses/anormales, filles qui s'éloignaient brutalement de moi quand on quittait le travail en même temps : des comportements absolument grotesques et dans le tas, y avait ma future belle-soeur xD). En fait, je m'étais confié à une collègue, une des rares avec qui j'avais sympathisé et qui avait l'air normale avec moi, et je lui avais parlé de ma bisexualité, de mon malaise, ma femme a pensé que c'était à cause de ça, apparemment 2 jours après, tout le monde savait que j'étais bi. Mais moi, j'ai pensé à autre chose, un soir, j'avais rencard avec un mec de la ville (un plan par internet), et j'hésitais d'y aller en fait, je trouvais ça un peu glauque, du coup, j'ai tourné en rond sur mon chemin avant d'aller au lieu de rdv, il s'est mis à pleuvoir, je me suis abrité à un endroit et une nana de mon travail est arrivée avec son mec, je m'étais mis devant l'entrée de leur résidence sans le savoir, alors moi je me suis dit qu'ils avaient cru que je l'épiais, y a des nanas qui ont une imagination incroyable, enfin, c'est le truc qui m'est apparu comme le plus logique, parce que pour moi être bisexuel n'était pas pervers. Mais malgré tout, j'ai associé homosexualité et perversité du coup avec cette anecdote. En plus, j'avais croisé l'une des filles qui parlaient de moi dans mon dos un jour où je me promenais avec mon dernier amant (on n'était pas ensemble, on parlait juste, on hésitait je pense tous les deux à reprendre mais il a rencontré un autre), donc ça a du contribuer à ce que j'associe homosexualité et perversion, mais pas dans mon regard, plutôt dans celui des autres.

Et puis après quand je suis devenu intime avec ma future femme et qu'elle m'a présenté sa soeur pendant qu'on travaillait, j'ai un peu halluciné, et ça m'a mis un peu mal à l'aise quand j'ai rencontré sa famille. Des années plus tard, j'ai essayé de lui en parler pour savoir si elle avait eu vent de rumeurs, mais elle a nié.

Je pense que le fait d'associer l'homosexualité à une conduite perverse n'a pas aidé. Pour moi, consciemment, ça ne l'était pas.

Je sais pas si c'est très clair comme je m'explique. Mais depuis quelque temps, je ressens de nouveau une attirance pour les hommes, et qui a l'air de plus en plus intense, presque intime. A l'occasion d'un marché l'an dernier, un homme est venu me voir pour me proposer d'exposer mon travail dans sa galerie, j'étais intéressé, il m'a donné son tel, il m'a dit "tu m'appelles, on se rancarde, on boit un café et on en parle" et là je sais pas, j'ai paniqué, j'ai eu peur de me retrouver seul avec lui, peur de me retrouver avec un homme et de me dire que s'il me draguait, je n'arriverais pas à lui résister (d'ailleurs, je ne pense pas qu'un homme hétéro sûr de sa virilité et de son attirance pour les femmes raisonne comme ça, je crois que c'est peut-être plus une femme qui réagirait/réfléchirait comme ça). Du coup, je ne l'ai pas appelé. Quelque temps plus tard, je me suis surpris à mater un homme qui était devant moi dans une file d'attente et je crois qu'il m'a grillé. Et en fait, quand j'ai commencé de nouveau à avoir des fantasmes homosexuels, au début, quand ça revenait, c'était incontrôlable, soit je pensais à mes anciennes expériences, soit j'imaginais un homme avec moi et j'avais des érections très fortes que je n'arrivais pas à calmer, je ne voulais pas me toucher comme si refusais ce désir, mais je finissais par le faire sinon je restais en érection et j'atteignais l'orgasme quasiment de suite. Et petit à petit, les érections se sont calmées dans le sens où elles sont moins violentes et soudaines, mais je ne bande plus qu'en pensant à des hommes depuis quelques semaines, j'ai commencé à accepter que ce désir était revenu.

Il y a eu un seul moment où ils se sont atténués, c'est pendant une pause, une rupture avec ma femme que j'ai initiée et qui a duré un mois, pendant ce temps, j'avais des fantasmes hétéros, et je commençais à ressentir du désir sexuel pour les femmes d'une façon que je n'avais jamais ressenti dans ma vie, mais pas non plus avec la même intensité que quand je me vois avec un homme. Mais ça me met le doute, comme si la source de mon désir trouvait une origine dans mon comportement, je ne sais pas...

J'ai hésité à te parler de ça en privé mais je me dis qu'il y a des choses qui peuvent peut-être utiles à d'autres personnes qui vivent des expériences proches de la mienne.

Merci pour l'écoute, enfin la lecture.

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Re: Hétéroromantique et homosexuel, un fardeau...

Message par Beshun74 » il y a 2 ans

Salut,
Je me suis retrouvé dans ton questionnement sur le lien entre homosexualité et pédophilie.
Je pense qu'effectivement celà vient de notre éducation, manque de confiance en nous.
Quand connaissons nous nos premiers émois sexuels ? Lors de l'adolescence, recherche d'identité, d'affirmation de soi, jeux entre potes.
Tu ajoutes une éducation religieuse culpabilisante envers toute dérive en dehors de la famille père mère et enfants, super cocktail !
Ado nous culpabilisons de cette découverte apparemment diabolique.
En devenant adulte nous assimilons tous ses vécus et il se crée un conflit interne entre cette réalité et notre moi intérieur.
La peur de vivre cette homosexualité véritablement avec un homme de notre âge peut nous inviter à trouver la facilité avec des enfants.
Après cette limite est selon moi infranchissable. Car si la sexualité entre enfants ou ados existe, la sexualité entre adulte et enfant est source de traumatisme pour ce dernier.
Quand on s'interroge de la sorte, c que nous sommes sur la bonne voie.
Notre plaisir ne devant être vécu au détriment de l'autre. La preuve nous respectons la libido de nos compagnes.
Comme toi, j'apprécie de regarder un homme par son physique ou sa tenue qui le met en valeur. Beaucoup moins les femmes.
Tous mes fantasmes se dirigent sur le sexe Masculin, ma femme me comblant.
Quant au regard des autres.... c parce que nous manquons de confiance qu'il nous affecte.
Aujourd'hui je suis épanoui en tant qu'homme, mari, père, professionnel et bisexuel alors j'emmerde les autres et je me rebiffe. J'existe à part entière et je revendique d'exister tel que je suis.
C un chemin long, tu y parviendras aussi.
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Re: Hétéroromantique et homosexuel, un fardeau...

Message par Joebuck » il y a 2 ans

Salut,

Merci d'avoir pris le temps de répondre à mon petit questionnaire :)
1. Justement, ça me fait un peu penser à ma femme, sans forcément ressentir de la répulsion pour le pénis, elle n'aimait pas trop les fellations (....) Sinon, je ne dirais pas que ça remet en cause son orientation sexuelle, mais que cela peut faire réfléchir (...)
2. Eh bien, oui, je m'interrogerais sur l'orientation sexuelle de cet homme, soit je me dirais qu'il a un problème avec le sexe féminin, un "trauma", un blocage (probablement lié à l'éducation, à ses expériences à l'enfance, l'adolescence...), une peur, et j'envisagerais également le fait que ce n'est pas son truc (...)
3. (...) je me suis souvent demandé si ma révulsion avait une cause dans mon enfance, mon éducation ou si elle est révélatrice d'une impossibilité pour moi d'être en parfaite harmonie avec une femme. Le truc, c'est qu'inversement, je trouve que certains sexes masculins sont bons, le fait d'imaginer faire une fellation a souvent été une source de désir agréable pour moi, et j'adorais en faire (...)
Bon, c’est clair qu’on est pareil : du genre à se poser plein de questions et à aller chercher des raisons très profondes à tout hahaha.
La curiosité est une saine activité. Le désir de voir sous la surface est un atout. Je suis d’ailleurs très curieux de savoir ce que ta séance d’hypnose te révélera, si jamais tu veux partager.

Cela dit, en matière de bien-être mental, il me semble que tout décortiquer peut aussi nous éloigner de nos intuitions. Je ne suis pas psy, je ne te connais pas, et toi seul as la clé du chemin à suivre.
Par contre, je suis persuadé qu’on peut être attiré par les hommes et/ou les femmes sans que ça se fasse par déclencheurs classiques. Il y a d’ailleurs une définition de la bisexualité que j’ai maintes fois entendue dans des podcast. Tu la connais peut-être. Elle est attribuée à une activiste du nom de Robyn Ochs : Je dis que je suis bisexuel·le car je reconnais en moi la possibilité d’être attiré·e (romantiquement et/ou sexuellement) par des personnes de plus d’un genre et/ou sexe; et cela, pas forcément au même moment, pas forcément de la même manière ou avec la même intensité.
C’est beau, ça parait limpide mais ça n’est pas si simple à intégrer. Ce que j’apprécie, c’est que c’est une définition tellement inclusive qu’elle règle toutes les questions de légitimité et d’étiquette dont on ne sait se dépêtrer. Cette définition intègre même les personnes ayant une activité sexuelle et romantique exclusivement homo, avec des attirances hétéro qui resteront à jamais des fantasmes.


Quand j'ai rencontré ma femme, c'était au travail et à notre premier rencard, elle m'a confié pour me prévenir que des filles parlaient de moi en mal, qu'elles disaient que j'étais un "pervers", ça ça m'a fait très mal, je ne m'y attendais pas, j'ai ressenti une violente douleur dans mon coeur.
Pas sûr d’avoir bien compris ce passage sur les ragots au travail. J’essaie d’établir une chronologie et t’invite à me corriger si je me trompe
1- tu dis à une collègue tu es bi. Elle le répète à tout le monde dans ton dos, et deux jours après toute la boîte est au courant sans que tu t’en doutes.
2- Tu sens des attitudes défiantes à ton égard, de la part des femmes notamment.
3- Tu fais un premier rencard avec ta (future) femme qui t’informe que tout le monde sait que tu es bi. Selon elle c’est cela qui te vaut une réputation de pervers. Hypothèse que tu n’as jamais pu vérifier auprès de ta belle-soeur.
4- Quant ta femme t’a parlé de ragots qui circulent, tu as envisagé d’autres possibilités :
Une collègue a pu croire que tu étais un pervers voyeur et intrusif le jour ou elle t’a croisé devant chez elle.
Une autre collègue t’a aperçu avec un amant alors que tu voyais celui-ci en toute chasteté
C’est bien ça ?


j'ai eu peur de me retrouver seul avec lui, peur de me retrouver avec un homme et de me dire que s'il me draguait, je n'arriverais pas à lui résister (d'ailleurs, je ne pense pas qu'un homme hétéro sûr de sa virilité et de son attirance pour les femmes raisonne comme ça, je crois que c'est peut-être plus une femme qui réagirait/réfléchirait comme ça).
Je vois ce que tu veux dire par là. Effectivement anticiper la drague n’est sans doute pas le plus hétéro-centré des réflexes.
Remarque, une femme hétéro non plus ne pensera pas forcément que le galeriste qui lui donne sa carte cherche à la séduire. A moins d’avoir elle-même un désir de séduction - même sous-jacent - avec ledit galeriste ? Est-ce que ce galeriste te plaisait ?

En tout cas l’expression «hétéro sûr de sa virilité» est intéressante. Je me demande en quoi être hétéro va de pair avec le fait d’être sûr de sa virilité. Un homme peut être sûr de son hétérosexualité sans être sûr de sa virilité. Comme mon pote dont je parlais dans un précédent message. Un autre homme peut être très viril sans être sûr de son hétérosexualité. J’en ai connu pas mal. :lol:
Tu sais sûrement comme moi qu’il y a des gay très virils, des hétéro très féminins, et mille nuances au milieu. J’ai l’impression qu’on revient à l’amalgame « être un homme acceptable = être viril = être hétéro pur et dur ». Une idée socialement ancrée qui ne correspond pas à la réalité. Pourtant elle parasite inutilement bien des hommes. On en a déjà vaguement parlé dans un échange précédent et j’ai l’impression que ça va être super pour toi de creuser comment tu articules les notions de masculinité, virilité et sexualité. Sachant que les trois choses sont tout à fait distinctes et combinables dans une myriade de nuances.

Il y a eu un seul moment où ils se sont atténués, c'est pendant une pause, une rupture avec ma femme que j'ai initiée et qui a duré un mois, pendant ce temps, j'avais des fantasmes hétéro, et je commençais à ressentir du désir sexuel pour les femmes d'une façon que je n'avais jamais ressenti dans ma vie, mais pas non plus avec la même intensité que quand je me vois avec un homme. Mais ça me met le doute, comme si la source de mon désir trouvait une origine dans mon comportement, je ne sais pas...
Je paraphrase : tu es pour l’exclusivité sexuelle. Tu aimes ta femme. Donc tu te refuses aux hommes. Du coup ton côté bi/homo te parle et ton désir d’hommes se fait brûlant. Alors tu te sépares de ta femme. La possibilité de rapports homo arrive à portée de main. Seulement ta partie hétéro ( ou ton attachement à ta vie de couple ? ) se réactive et ton désir de femmes revient plus fort que jamais. C’est bien ce que tu rapportais dans ton premier post.

Tu verras bien ce qui te semble plus aisé avec le temps. Pour le moment, j’ai l’impression qu’une partie de toi que tu choisis de ne pas écouter t’invite à essayer les hommes sans quitter ta femme. Au moins pour voir. La question des valeurs, parmi lesquelles l’exclusivité, ça évolue. Pour toi et peut-être aussi pour ta femme à terme, qui sait ?
En y réfléchissant, pourquoi le saut dans le vide doit-il faire table rase de tout ce que tu as construit ? Sauter dans le vide c’est aussi faire le pari de la confiance en la capacité de l’autre (ta femme) à revoir son modèle. Même si cela passe par des phases très compliquées. Je sais que c’est plus facile à écrire pour moi qu’à vivre pour toi. Le nombre de trajectoires dont j’ai suivi l’évolution sur ce forum me fait quand même penser que ça vaut le coup de se lancer. Avec amour, et si possible en toute transparence.
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Re: Hétéroromantique et homosexuel, un fardeau...

Message par ChrisRed65 » il y a 2 ans

Beshun74 a écrit :
il y a 2 ans
Salut,
Je me suis retrouvé dans ton questionnement sur le lien entre homosexualité et pédophilie.
Je pense qu'effectivement celà vient de notre éducation, manque de confiance en nous.
Quand connaissons nous nos premiers émois sexuels ? Lors de l'adolescence, recherche d'identité, d'affirmation de soi, jeux entre potes.
Tu ajoutes une éducation religieuse culpabilisante envers toute dérive en dehors de la famille père mère et enfants, super cocktail !
Ado nous culpabilisons de cette découverte apparemment diabolique.
En devenant adulte nous assimilons tous ses vécus et il se crée un conflit interne entre cette réalité et notre moi intérieur.
La peur de vivre cette homosexualité véritablement avec un homme de notre âge peut nous inviter à trouver la facilité avec des enfants.
Après cette limite est selon moi infranchissable. Car si la sexualité entre enfants ou ados existe, la sexualité entre adulte et enfant est source de traumatisme pour ce dernier.
Quand on s'interroge de la sorte, c que nous sommes sur la bonne voie.
Notre plaisir ne devant être vécu au détriment de l'autre. La preuve nous respectons la libido de nos compagnes.
Comme toi, j'apprécie de regarder un homme par son physique ou sa tenue qui le met en valeur. Beaucoup moins les femmes.
Tous mes fantasmes se dirigent sur le sexe Masculin, ma femme me comblant.
Quant au regard des autres.... c parce que nous manquons de confiance qu'il nous affecte.
Aujourd'hui je suis épanoui en tant qu'homme, mari, père, professionnel et bisexuel alors j'emmerde les autres et je me rebiffe. J'existe à part entière et je revendique d'exister tel que je suis.
C un chemin long, tu y parviendras aussi.
Courage et patience.
Merci pour ton message et pour ton soutien, le calme dont tu fais preuve est agréable à lire.

Pour ce qu iest de l'homosexualité, j'ai surtout projeté l'amalgame que font les autres, pour moi aussi c 'est une limite infranchissable et je n'y ai jamais pensé. En fait, je me suis plutôt trouvé dans la situation inverse où je suis sorti avec des hommes plus âgés que moi, mais j'étais déjà majeur, donc rien d'illégal de leur part, la différence d'âge a fait que malgré le fait qu'ils m'attiraient, ça me freinait pour poursuivre avec eux, ça me gênait. Cela fait partie des choses aussi que j'ai évoquées avec la psy, le fait aussi que c'est plus difficile de faire des rencontres entre hommes qu'avec le sexe opposé, donc j'ai fait des rencontres pas toujours dans des endroits appropriés pour moi. A vrai dire, à l'époque, j'aurais préféré rencontrer des hommes plus de mon âge mais les quelques uns que j'ai pu rencontrer étaient plus dans l'amusement, les plans culs... Sinon, peut-être que je serais resté en couple avec un mec. Je ne sais pas.

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Re: Hétéroromantique et homosexuel, un fardeau...

Message par ChrisRed65 » il y a 2 ans

Je réponds en deux temps, en deux posts, pour ne pas mélanger les propos.
Bon, c’est clair qu’on est pareil : du genre à se poser plein de questions et à aller chercher des raisons très profondes à tout hahaha.
La curiosité est une saine activité. Le désir de voir sous la surface est un atout. Je suis d’ailleurs très curieux de savoir ce que ta séance d’hypnose te révélera, si jamais tu veux partager.
Oui, je ne suis pas contre de partager mon ressenti, je suis moi-même assez curieux et intrigué. Mais je me dis aussi qu'il faudra peut-être plusieurs séances. Je verrai suivant ce qui en ressort, peut-être que j'en parlerai en privé plutôt qu'en public.

Ce que tu dis ensuite est très pertinent et je n'ai rien à redire.
Pas sûr d’avoir bien compris ce passage sur les ragots au travail. J’essaie d’établir une chronologie et t’invite à me corriger si je me trompe
1- tu dis à une collègue tu es bi. Elle le répète à tout le monde dans ton dos, et deux jours après toute la boîte est au courant sans que tu t’en doutes.
2- Tu sens des attitudes défiantes à ton égard, de la part des femmes notamment.
3- Tu fais un premier rencard avec ta (future) femme qui t’informe que tout le monde sait que tu es bi. Selon elle c’est cela qui te vaut une réputation de pervers. Hypothèse que tu n’as jamais pu vérifier auprès de ta belle-soeur.
4- Quant ta femme t’a parlé de ragots qui circulent, tu as envisagé d’autres possibilités :
Une collègue a pu croire que tu étais un pervers voyeur et intrusif le jour ou elle t’a croisé devant chez elle.
Une autre collègue t’a aperçu avec un amant alors que tu voyais celui-ci en toute chasteté
C’est bien ça ?
Alors : 1. oui
2. oui
3. non, on a un premier rencard et elle me dit que des filles me font passer pour un pervers, elle me donne même quelques noms, elle me l'a dit pour me protéger, pour me méfier de ces personnes. Mais le reste sur ma belle-soeur, oui. Pour la bisexualité, on en a parlé plus tard, quand on a commencé à sortir ensemble, je lui ai expliqué que j'étais bi, mais elle le savait déjà.
4. oui

Pour les notions de masculinité, virilité et sexualité, je suis d'accord avec ce que tu dis malgré tout. Cela dit, comme avec les hommes je ne me vois que dans un rôle passif, cela me questionnait sur ma masculinité, je me sentais un peu féminin, en soi, vis-à-vis de moi-même, ça me dérangeait pas, mais par rapport aux autres, je me sentais moins masculin, moins viril.
Je paraphrase : tu es pour l’exclusivité sexuelle. Tu aimes ta femme. Donc tu te refuses aux hommes. Du coup ton côté bi/homo te parle et ton désir d’hommes se fait brûlant. Alors tu te sépares de ta femme. La possibilité de rapports homo arrive à portée de main. Seulement ta partie hétéro ( ou ton attachement à ta vie de couple ? ) se réactive et ton désir de femmes revient plus fort que jamais. C’est bien ce que tu rapportais dans ton premier post.
En fait, je me suis séparé de ma femme pour une autre raison, parce que je me suis senti seul dans notre relation, on a des problèmes qui sont à dissocier de mon désir pour les hommes, même si je pense qu'il y a un lien de cause à effet, quand je me suis senti seul dans notre relation, pendant les crises d'angoisse, c'est là que j'ai commencé de nouveau à avoir des fantasmes homos. Je pense qu'effectivement ensuite mon désir de femmes est revenu en raison d'un attachement à la vie de couple. Et je crois avoir cherché à fuir inconsciemment, comme si ça n'allait plus avec ma femme et qu'il fallait absolument que j'en trouve une autre. Mais l'excitation que je ressentais pour des femmes à ce moment-là était bizarrement plus sexuelle que sentimentale.
Tu verras bien ce qui te semble plus aisé avec le temps. Pour le moment, j’ai l’impression qu’une partie de toi que tu choisis de ne pas écouter t’invite à essayer les hommes sans quitter ta femme. Au moins pour voir. La question des valeurs, parmi lesquelles l’exclusivité, ça évolue. Pour toi et peut-être aussi pour ta femme à terme, qui sait ?
En y réfléchissant, pourquoi le saut dans le vide doit-il faire table rase de tout ce que tu as construit ? Sauter dans le vide c’est aussi faire le pari de la confiance en la capacité de l’autre (ta femme) à revoir son modèle. Même si cela passe par des phases très compliquées. Je sais que c’est plus facile à écrire pour moi qu’à vivre pour toi. Le nombre de trajectoires dont j’ai suivi l’évolution sur ce forum me fait quand même penser que ça vaut le coup de se lancer. Avec amour, et si possible en toute transparence.
Non, je n'ai pas envie d'essayer les hommes sans quitter ma femme, je sais ce que ça a donné avec les hommes sexuellement, donc je n'ai pas trop de doute sur ça. Et je pense que ça ne serait pas respectueux pour elle, et pour ça c'est une question de libre arbitre, de vision personnelle, pas forcément de suivre les normes de la société. Ma psy m'a déjà parlé de ça, la thérapeute de couple l'a vaguement abordé. De un, elle ne l'accepterait pas et de deux, je ne serais pas à l'aise, c'est assez personnel comme choix. Je pense que cela ne ferait que créer de l'instabilité dans notre couple. Non, je suis plutôt dans une logique où je me dis que si je suis honnête et que je suis gay, alors il serait plus logique pour moi de repartir à zéro et de retourner aux hommes, en espérant en rencontrer un avec qui faire un bout de chemin, mais en même temps... Je réfléchis surtout aux conséquences qu'une telle décision pourrait avoir sur ma femme et mes enfants. Ma psy m'encourage à aller dans cette direction, elle passe à ma santé mentale. Je pense aussi que si j'ai très mal vécu ce qui s'est passé avec les rumeurs au travail, et aussi avec ma belle-famille (car ils en tenaient une couche eux aussi), c'est aussi parce que j'avais une peur du rejet... De son côté, ça lui permettrait aussi de se reconstruire avec une autre personne. Actuellement, je ne suis plus capable de la toucher.

En tout cas, les rumeurs c'est vraiment une horreur, j'ai été témoin assez souvent dans ma vie des langues pendues qui parlent sans savoir, des comportements hypocrites et ça m'a grandement affecté. Encore aujourd'hui tu vois, ma femme m'a dit qu'il y avait une rumeur à son travail sur une collègue qui est une amie à elle comme quoi elle sortait avec un autre collègue, et en fait c'était faux. Et ça, je l'ai souvent vu, à force, ça m'a rendu méfiant.

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Re: Hétéroromantique et homosexuel, un fardeau...

Message par Joebuck » il y a 2 ans

Ah les joies de la rumeur... Si les gens pouvaient déjà s'occuper de leurs affaires avant de se mêler de celles des autres.
Toi qui es branché poésie, tu connais sûrement le texte de Hugo à ce sujet, intitulé "jeunes gens prenez garde aux choses que vous dites". Conseil que nous serions toustes bien avisé.e.s de suivre.
De son côté, ça lui permettrait aussi de se reconstruire avec une autre personne. Actuellement, je ne suis plus capable de la toucher.

Je suppose que tu n'en tires aucune aucune gloire. Peut-être même que ce constat te désole un peu. Mais je retiens la bonté qu'il y a dans tes propos. Ils démontrent (bien que nous n'en ayons pas douté) à quel point tu veux le bien de ta compagne autant que le tien au terme de tout cela. Tu as beau être dans une phase difficile, tu souhaites qu'elle en sorte aussi grandie que toi quelle que soit l'issue.

J'espère que tu viendras nous tenir au courant de ton évolution.
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Re: Hétéroromantique et homosexuel, un fardeau...

Message par Fille19 » il y a 2 ans

Mais tu as toujours rencontré avec les femmes des difficultés de l ordre sexuel ?

ChrisRed65
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Re: Hétéroromantique et homosexuel, un fardeau...

Message par ChrisRed65 » il y a 2 ans

Joebuck a écrit :
il y a 2 ans
Ah les joies de la rumeur... Si les gens pouvaient déjà s'occuper de leurs affaires avant de se mêler de celles des autres.
Toi qui es branché poésie, tu connais sûrement le texte de Hugo à ce sujet, intitulé "jeunes gens prenez garde aux choses que vous dites". Conseil que nous serions toustes bien avisé.e.s de suivre.
De son côté, ça lui permettrait aussi de se reconstruire avec une autre personne. Actuellement, je ne suis plus capable de la toucher.

Je suppose que tu n'en tires aucune aucune gloire. Peut-être même que ce constat te désole un peu. Mais je retiens la bonté qu'il y a dans tes propos. Ils démontrent (bien que nous n'en ayons pas douté) à quel point tu veux le bien de ta compagne autant que le tien au terme de tout cela. Tu as beau être dans une phase difficile, tu souhaites qu'elle en sorte aussi grandie que toi quelle que soit l'issue.

J'espère que tu viendras nous tenir au courant de ton évolution.
En fait, si j'écris un peu de poésie, c'est juste pour exprimer des choses, mais je n'en ai jamais vraiment lu, très peu, j'en lis un peu plus mais de personnes un peu comme moi, je ne me plonge pas dans les poésies de Hugo, Baudelaire, etc... Cela dit la citation que tu as relevée est parlante, oui. Mais cela ne s'adresse pas qu'aux jeunes gens qui ont l'excuse du manque de maturité, d'expérience de la vie, de la crédulité que d'autres ne devraient pas avoir.

Non, je n'en tire aucune gloire, bien au contraire. Et oui, je n'hésiterai pas à donner des nouvelles. Finalement, je n'ai pas vu l'hypnothérapeute, je me suis rendu à l'adresse indiquée, mais la personne était absente et n'a pas répondu au téléphone, je compte essayer avec une autre personne de ma ville...
Mais tu as toujours rencontré avec les femmes des difficultés de l ordre sexuel ?
À vrai dire, oui. En fait, si je réfléchis bien, mon désir sexuel pour les femmes a été surtout lié à la profondeur de mes sentiments pour elles. Plus une femme me plaisait sur d'autres plans que le physique, moins j'avais de difficultés de l'ordre sexuel, mais j'en avais quand même un peu, je n'étais pas à l'aise avec la vue du sexe féminin, c'est vraiment surtout ce qui me posait problème.

Avec ma femme, j'ai quand même atteint un niveau de complicité sexuelle assez fort à un moment donné de notre relation, on atteignait notamment l'orgasme en même temps, je sentais quand elle venait et elle aussi, et on était vraiment synchronisés. Il y a eu des moments où j'étais fou de désir pour elle. Cela dit, j'avais quand même au début de notre relation l'angoisse de ne pas pouvoir la satisfaire à long terme, manque de confiance en ma virilité et en ma capacité d'homme. Pourtant, je trouve que le corps de l'homme et de la femme s'épousent parfaitement. Mais j'ai quand même été troublé par une autre femme au cours de notre relation, cela a été furtif, je n'ai rien tenté, mais ça m'a déstabilisé. Sa "soi-disante" meilleure amie de l'époque m'a allumé lors d'un repas chez elle (elle a ouvert en grand ses cuisses pour me montrer son entrejambes, elle portait un string), j'ai pas regardé, elle m'a fait du pied aussi, mais vraiment genre caressé la cheville, ça m'a tétanisé. Elle était plaisante, correspondait un peu au style de femme que je trouvais attirant. Malgré tout, j'étais quand même attiré par les femmes noires mais aussi les femmes pulpeuses, un peu rondes... Et puis un autre jour, on dormait dans la même chambre qu'elle, elel était au-dessus et cette femme s'est masturbée quand elle s'est réveillée en fin de nuit, j'ai tout entendu, et franchement, à ce moment-là, mon corps était excité, mais je n'ai rien fait, et quand ma femme était à la douche, elle m'a fait comprendre qu'elle savait que j' étais réveillé. Jusque-là, j'ai résisté à l'attirance qui commençait à naître pour elle, mais j'aimais ma femme, c'était plus profond avec ma femme, mais un jour j'ai failli craquer, on était chez elle, on jouait à un jeu de société, on rigolait, on se cherchait un peu en plaisantant et elle m'a refait du pied comme la première fois. Et là, j'ai failli répondre. Je me suis rendu compte que le fait de rigoler avec elle me faisait avoir du désir pour elle. C'était pas physique en fait. Donc j'ai quand même eu beaucoup de difficultés de l'ordre sexuel avec les femmes, c'est vrai, d'ailleurs, j'étais très timide et je n'ai eu mon premier rapport sexuel avec une femme que très tard mais j'avais vraiment l'impression de faire l'amour. Ma première fois a été avec un homme, mais rencontré sur internet, avec les hommes j'avais plus de difficultés de l'ordre relationnel, sentimental...

Après cela dit, beaucoup d'hommes ont des des difficultés d'ordre sexuel, tôt ou tard, beaucoup sont sujets à l'impuissance à un moment donné ou à un autre. Parfois, c'est passager, parfois, ça dure, mais il y a toujours une cause psychologique.

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Re: Hétéroromantique et homosexuel, un fardeau...

Message par Fille19 » il y a 2 ans

Donc si tu as de l attirance meme sexuel pour ta femme ca serait dommage de la quitter si tu l aimes non ?

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Re: Hétéroromantique et homosexuel, un fardeau...

Message par ChrisRed65 » il y a 2 ans

Oui, mais nous avons eu des problèmes non liés à ma sexualité passée, et depuis sexuellement c'est compliqué. Mais c'est pour ça que nous suivons une thérapie de couple, pour essayer d'arranger les choses. Cela dit, les fantasmes homos sont revenus et j'ai un doute de m'être trompé sur mon orientation...

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Re: Hétéroromantique et homosexuel, un fardeau...

Message par Fille19 » il y a 2 ans

Donc tes plus amoureux ?

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