Être bi, ce n’est pas être homo et hétéro à la fois. Malgré les apparences, ça n’a rien à voir avec ces deux autres orientations sexuelles. Ce n’est pas juste aimer les hommes, et aimer aussi les femmes. Le fait qu’on aime les deux change plein de choses, et suscite des questions et des problèmes que les homos et les hétéros ignorent. Des problèmes que la communauté LGBT n’aborde quasiment pas, tandis que le reste du monde ignore la plupart du temps l’existence même des bi.
En termes de vie sociale, être bi, comme j’en fais l’expérience, c’est avoir le cul entre deux chaises, être entre deux mondes qui se connaissent encore très peu, qui paraissent décidés, autant l’un que l’autre, à vivre comme deux mondes parallèles rechignant à se rejoindre (les homos revendiquant à la fois une place en tant que citoyens comme les autres, et aussi, historiquement, une place à part, via le fort aspect militant et contre-culturel de la communauté LGBT). Être bi, c’est n’appartenir à aucun de ces deux mondes – parce qu’on ne se reconnaît ni dans l’un, ni complètement dans l’autre – et être trop peu visible pour en créer un troisième ou faire simplement en sorte que tout le monde vive dans le même. Il faut que cela change.







