Ah oui ? Et qui commande les "faits du prince", si ce ne sont les élus ?DOLMANCE a écrit :Oui, de qui parles-tu ?
Le régime de "l'Etat français" a été en effet institué par une révision des lois constitutionnelles de 1875. En date du 10 juillet 1940, l'Assemblée nationale (Chambre des députés, élue en 1936 + Sénat) adopte la loi constitutionnelle suivante : L'Assemblée nationale donne tout pouvoir au gouvernement de la République, sous l'autorité et la signature du maréchal Pétain, à l'effet de promulguer par un ou plusieurs actes une nouvelle Constitution de l'Etat français. Cette Constitution devra garantir les droits du Travail, de la Famille et de la Patrie.
Elle sera ratifiée par la Nation et appliquée par les Assemblées qu'elle aura créées.
Il ressort de tout cela que le peuple n'a pas eu à s'exprimer sur ce choix, ni non plus sur la ratification par référendum d'une nouvelle constitution.
Laval n'est pas revenu au pouvoir (il avait déjà été président du Conseil sous la IIIe République) par la voie démocratique mais par le simple "fait du prince".
Qui a mis au pouvoir les élus responsables de cet état de fait, si ce ne sont les électeurs de l'époque ?
Ces mêmes électeurs qui ont, si je ne me trompe pas, porté ces élus au pouvoir juste après avoir désavoué le Front Populaire...
Primo : je suis contre le vote des mineurs. Seul un citoyen responsable doit pouvoir voter, selon moi. Après, on peut discuter de l'âge auquel on accorde cette majorité, bien évidement.DOLMANCE a écrit :Tu oublies enfin que les électeurs de l'époque c'était les hommes majeurs jouissant de leurs droits civiques. Cela exclut donc tous les mineurs et bien évidemment les femmes qui, sous notre merveilleuse république ne possédaient aucun droit politique, à la différence des Uruguayennes, des Turques, des Britanniques, des Indiennes, des Américaines et même des Allemandes !
Soit au total les deux tiers de la population sans aucune possibilité d'avoir une quelconque once de pouvoir.
Secundo : je ne crois pas que les femmes soient gentilles et les hommes méchants, ni qu'elles soient de gauche et les hommes de droite. Le genre des électeurs n'est pas une condition déterminante à la sauvegarde de tous les idéaux démocratiques.
La preuve est contenue dans tes propres écrits : les Allemandes avaient le droit de vote et le parti nazi a quand même remporté les élections.
J'y répondrai ceci : du passé nous devons tirer un maximum d'enseignements. Ce qui passe donc par une analyse approfondie des faits passés, et d'un tri entre ceux qui sont a proscrire et ceux qui ne le sont pas. Certaines attitudes d'avant la libération ne doivent en aucun cas être reproduites, sous peine de répéter les mêmes errements.DOLMANCE a écrit :Encore une fois, comment nous humains du XXIe siècle qui menons une vie plutôt confortable (oserais-je dire futile ?) pourrions-nous juger de façon ferme et définitive l'action ou la non-action des gens d'une époque antérieure forcément méprisables. Pour l'illustration, je terminerai par citer le journaliste suisse Michel Audétat : Ce qui irrite[...] C'est l'arrogance à l'égard du passé. Ce parti pris d'une tolérance sans frontière qui, au fond, ne tolère jamais qu'elle-même. Tout repose ici sur la conviction que notre époque est moralement supérieure à celles qui l'ont précédée : du passé il n'y aurait donc rien à attendre, sinon d'en être guéri.
Nous n'avons ni la prétention, ni le droit de juger. Seulement le devoir.
L'arrogance, dans ce positionnement, serait de refuser de faire acte de compréhension. Mais je persiste et signe : on se doit de comprendre, pas d'excuser.
Il n'y a pas de lien entre ces deux personnes. Mais par contre on peut trouver des similitudes dans les époques.libertito a écrit :Je comprends peut-être de travers et je ne te connais pas Chaynal. Tu fais un lien entre Pétain et Sarkosy ? Si ce n'est pas le cas, alors excuse-moi car j'ai interprété trop vite. Si c'est le cas, alors quel acte de résistance as-tu mis en oeuvre en tant qu'homosexuel ? Je ne veux pas polémiquer. Je cherche juste à comprendre.
Je pense très sincèrement qu'en France, actuellement, les idéaux démocratiques sont bafoués et bradés, comme ils ont pu l'être à la fin des années 30 et au début des années 40. Je ne l'aurais pas cru avant mai dernier, en toute honnêteté.
Pas de la même façon, c'est vrai. Pas avec les mêmes conséquences, c'est évident. Mais ce n'est pas parce qu'on ne tape pas sous le même angle que les dégâts pour notre société ne seront pas importants.
Quant à mes actes... Xender va dans le bon sens. J'aimerais pouvoir faire plus, au travers d'un engagement politique, par exemple. Je n'ai pas fait ce choix, et j'assume donc la portée limitée de mes actes pour la défense de mes idéaux.
@ Cacahuète : les premières fois sont toujours émouvantes


